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  • Un surveillant de prison à Châteaudun témoigne sur son travail

    Un rythme de travail particulier qui laisse peu de place à la vie familiale et sociale, tel est le quotidien des gardiens de prison à Châteaudun.

    administration pénitentiaire,badge,surveillantJean-François (*) a 44 ans, dont vingt ans de prison, en tant que surveillant. Il est arrivé au centre de détention de Châteaudun il y a quinze ans. Au fil des années, il a observé l'évolution de la population carcérale ainsi que celle de son métier.

    Ce travail, lorsqu'il l'a commencé, il n'y connaissait rien. De toute façon, ce n'est certainement pas une vocation. « Vous ne trouverez aucun surveillant qui vous dira qu'il fait ce métier par vocation », affirme-t-il lors de son déjeuner au mess. « Ce qui m'a attiré, c'est la sécurité de l'emploi et d'être dans la fonction publique. De toute façon, je me voyais mal bosser jusqu'à 60 "piges" dans une entreprise privée. Mais il y a de moins en moins d'attrait à faire ce boulot. »

    Ce que Jean-François voit aujourd'hui, c'est qu'il est difficile de concilier un travail de surveillant avec une vie familiale et sociale, même s'il est marié et père de deux enfants.

    « Lorsqu'on est du soir et qu'on finit vers 20 heures, on arrive pour coucher les enfants, c'est difficile. Quand notre femme travaille aussi, ce n'est pas facile. Il arrive très souvent que nous soyons rappelés sur nos jours de congés car il manque des surveillants. Dans ces cas-là, on fait comment pour prévenir la nounou ? »

    Travailler sept jours sur sept peut aussi être pesant. « Nous avons en moyenne, un week-end, c'est-à-dire un samedi et un dimanche d'affilée, toutes les huit ou neuf semaines, et encore… Le seul week-end dont on est à peu près sûr, c'est celui qui tombe pendant nos vacances. Dans ces conditions, difficile de prévoir d'aller à un mariage ou à un baptême. »

     

    Le rythme de travail change souvent mais en théorie, les gardiens enchaînent trois jours de travail le matin. Le troisième jour, ils font une nuit de 19 h 45 à 7 heures, puis bénéficient de deux jours de repos. Le matin, la journée commence par le réveil des détenus, vers 7 heures.

    « À force, cela crée des microfissures psychologiques »

    « Notre première mission, c'est de les compter. On ouvre chaque cellule pour voir s'ils sont présents et bien vivants. Ils répondent à notre bonjour ou ils bougent, mais dans la plupart des cas, ils dorment encore. » Puis, certains des détenus sont conduits à leurs activités, à l'atelier ou en promenade. Les repas sont servis vers 12 heures.

    Au fil du temps, le niveau de qualification des surveillants a évolué. Aujourd'hui, la plupart d'entre-eux sont bacheliers et titulaires d'un BTS, ce qui n'était pas forcément le cas avant. Ils ont cinquante jours de congés par an, une nécessité, pour absorber le stress de la profession.

    « Les insultes des détenus, c'est quotidien, voire plusieurs fois par jour. À force, cela crée des microfissures psychologiques. Malgré ces difficultés au quotidien, la solidarité qui existe entre les surveillants au sein de l'établissement, réchauffe les cœurs. »

    Source : L’Echo Républicain

     

    (*) Le prénom a été changé.

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