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  • Les belges envisagent de délocaliser une prison au Maroc

    Le concept de la mondialisation semble donner des idées aux politiques et à l’administration pénitentiaire ! Mais sont-ils sur la bonne voie ?

    Une récente déclaration du maire d’Anvers, Bart De Wever et président de la N-VA indépendantiste, alimente une intense polémique en Belgique. « Je ne suis pas ministre de la Justice, mais ce que j’aurais au moins essayé est de construire une prison au Maroc (...) Actuellement, près de 1.200 Marocains sont détenus dans les prisons belges. Avec eux seuls, vous pouvez remplir une prison entière ».

    Les élus socialistes l’accusent de flirter avec les idées du Vlaams Belang d’extrême droite alors que la députée Marie-Christine Marghem (MR) parle «d’optique raciste» et d’«idée simpliste» car, même si le Maroc acceptait que la Belgique construise une prison sur son sol, il pourrait refuser que ses ressortissants y soient enfermés.
     

    De son côté, la ministre de la Justice, Annemie Turtelboom (Open VLD) se montre pragmatique. Selon le quotidien Laatste Nieuws, la ministre a fait examiner cette piste pour faciliter l’exécution des peines et des discussions ont eu lieu avec le Maroc. La ministre de la Justice a laissé ensuite entendre dans Terzake (VRT) que l’idée est impayable et irréalisable.

    Plus précisément, selon la ministre, le nombre de Marocains dans les prisons belges s’élève en fait à 800, dont 180-190 qui entrent en ligne de compte pour purger leur peine au Maroc. Elle rappelle d’ailleurs que l’Italie a fait construire en Albanie une prison pour y envoyer des détenus albanais. La seule construction du bâtiment a coûté 8 millions d’euros pour… 30 prisonniers détenus depuis 2003.

    Il faut rappeler que le taux d’incarcération est déjà de 220 détenus pour 100.000 habitants au Maroc début 2013, soit le double qu’en Belgique avec une surpopulation carcérale de  plus de 150%. Outre que les conditions de détention y sont généralement plus dures, comme l’a relevé Mme Marghem, même si le Maroc acceptait que la Belgique construise une prison sur son sol, il pourrait refuser que ses ressortissants y soient enfermés.

     

    Selon l’ICPS (International Centre for Prison Studies), le taux d’incarcération oscille entre 60 et 70 détenus dans les pays scandinaves avec un taux d’occupation des places de prison inférieur à 100%. Or, la sécurité n'y est pas moindre !

    Plutôt que d’inspirer de la politique carcérale des USA qui détiennent le triste record du nombre de personnes emprisonnées et qui ont délocalisé une prison à Cuba ou d’imaginer une nouvelle version des bagnes, les responsables politiques feraient mieux d’examiner sérieusement des peines alternatives à la prison.

  • Les jeunes femmes Raïka choisissent le bonheur plutôt que l’argent

    terre inconnue,aravalli,radjasthan,raïka,Frédéric LopezDans l’émission « Rendez-vous en terre inconnue » diffusée le 24 septembreterre inconnue,aravalli,radjasthan,raïka,éleveurs,nomades,argent,bonheur,François-Xavier Demaison sur France2, Frédéric Lopez et son invité François-Xavier Demaison dialoguent avec des femmes Raïka, un groupe d’éleveurs semi-nomades indiens qui vivent dans les monts Aravalli du Radjasthan. Pour elles, leur mari qui a été choisi par leur famille est un trésor, qui vaut plus que l’or ! Pour elles, il est inconcevable de ne pas appartenir à une caste.

    Après une heure vingt minutes, le film transcrit la déclaration d’un groupe de jeunes femmes (la plus jeune a été promise à 4 ans et mariée officiellement à 21 ans) qui s’avèrent être de véritables philosophes.

    terre inconnue,raïka,argent,bonheur« Il faut rigoler. (rires…) En ville, les gens font tout le temps la tête. Ils sont toujours occupés. Lorsqu’ils ont des invités, ils ne s’en occupent pas vraiment bien. Pas comme nous. Les gens qui ont beaucoup d’argent ont toujours peur de le perdre. Nous, on n’en a pas beaucoup. On n’a pas cette angoisse. Donc, on est plus heureuses, plus gaies ! ». Une autre ajoute « Bravo Amya ! Merci ! Tu as bien expliqué ! »

    François-Xavier tente un commentaire : « Vous êtes heureuses parce que vous êtes ici, au milieu de cette belle nature… Mais être pauvre en ville, c’est terrible ! Quand on vit en ville, il faut de l’argent », l’une d’elles réplique « Nous, on est bien ici, près de la forêt. Ici, on a tout ce qu’il faut. Je n’ai pas envie d’aller vivre en ville (son mari vit et travaille en ville). Un jour, j’ai entendu parler d’un commerçant très riche. Mais il voulait toujours plus d’argent. Il réfléchissait toujours comment s’enrichir d’avantage. Le matin, le midi, la nuit… tout le temps. Il était tellement occupé qu’il ne prenait même plus le temps de manger, ni de boire, ni de dormir. Finalement, il est mort tout seul, sans personne à ses côtés. »

    Frédéric relance le dialogue par une question : « Tu penses que votre richesse à vous, c’est quoi par rapport à ceux qui ont plein d’argent ? ».

    La réponse est immédiate : « Quelqu’un de riche va demander à des gens de s’occuper de ses parents à sa place pour pouvoir aller travailler dans d’autres villes, loin… Nous on prend soin d’eux correctement. C’est ça notre richesse. Et vous ? Quand vos parents sont âgés, vous vous en occupez ? Vous restez avec eux ? » François-Xavier remarque « C’est une bonne question, parce qu’il y en a qui s’en occupe bien et d’autres qui les mettent dans des maisons… parce qu’ils ne peuvent pas faire autrement, parce qu’ils n’ont pas le choix… » La jeune femme de confirmer : « Chez nous on prend soin de ses parents… » et l’interroge « Et toi, est-ce que tes parents vivent avec toi ? » «  Non, ils ne vivent pas avec moi. » Elle poursuit, étonnée « Vous ne gardez pas vos parents avec vous ! Ils vous ont donné la vie pourtant ! C’est grâce à eux que tu es là ! Vous allez les abandonner ? » Non, je ne vais pas les abandonner. Ils ont une autre maison et ils travaillent, aussi ». « Vous n’habitez pas ensemble à cause du travail ? ». A la réponse gênée de François-Xavier « Non. C’est aussi parce que…», une femme réplique « Il faut s’occuper de ses parents, tu sais !... Ce soir, dans ton lit, tu pourras y réfléchir. Tu préfères quoi ? Avoir beaucoup d’argent ou être heureux. Si tu as beaucoup d’argent, où vas-tu le cacher ? Laisse tomber ton argent ! Comme ça tu seras heureux ! Quand tu n’as pas beaucoup d’argent, tu dors tranquillement ! ».

    Pour couper court à cette interpellation perturbante fuse alors une observation « On est en retard, il faut rentrer ! ». La gêne ainsi ressentie ne serait-elle pas l’indice d’un manque de liberté ? Les prisonniers ne sont les seuls à vivre enfermés.

    Merci à Frédéric Lopez pour cette rencontre partagée avec ces femmes Raïka ! Merci à celle pour cette leçon de philosophie !

  • Le contrôleur général des prisons est nommé au Conseil consultatif national d’éthique

    Le Journal Officiel a publié ce 22 septembre la composition du Conseil Consultatif National d’Ethique (CCNE) qui a été renouvelé par le Président de la République pour 4 ans.

     

    Le Conseil d’éthique comprend 39 membres dont

    - 5 personnalités qui «appartiennent aux principales familles philosophiques et spirituelles».

     -19 personnalités pour «leurs compétences et leur intérêt pour les problèmes éthique».

     -5 personnalités du«secteur de la recherche»

     

    Jean-Marie Delarue, contrôleur général des lieux de privation de liberté,prison,CCNE,éthiqueParmi les membres, le Président de la République a nommé au titre de la seconde catégorie Jean-Marie Delarue, historien et juriste diplômé de l’ENA. Ce Conseiller d’Etat depuis 1997, père de cinq enfants, a fait partie des cabinets de Jacques Delors et Michel Delebarre. Il a ensuite été délégué interministériel à la ville et au développement social urbain avant d’être nommé en 2008 Contrôleur général des lieux de privation de liberté par le gouvernement Fillon.

     

    Jean-Marie Delarue connaît bien le CCNE puisqu’il en a été le secrétaire général en 1983-1984. Ses avis et ses rapports sur les conditions de vie en prison témoignent de son indépendance d’esprit.

     

    Par contre, il est curieux qu’il n’y ait plus aucune personnalité religieuse dans le Conseil National d’Ethique. Pourtant, ce sont des « experts en humanité », titre qu’a utilisé le pape Paul VI lors de son discours devant l’assemblée générale de l’ONU en 1965.
     

    Serait-ce le signe d’une vision étroite de la laïcité ??

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