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  • Des évêques célèbrent la joie de Noël derrière les barreaux

    prison,noël,évêque,toulouse,orléans,poitiers,bourges,versailles,evry,créteil,soissons,metz,beauvais,détenus,gardiens,amônerie,baptême,liancourtSelon Anne-Bénédicte HOFFNER, journaliste de La Croix,les évêques de France sont nombreux à célébrer la messe de Noël en prison lorsqu’ils le peuvent et que les établissements pénitentiaires sont en mesure de l’organiser.

    Pour l’archevêque de Toulouse, ce rendez-vous est « un moment fort, à la fois très touchant et un peu douloureux ». Cette année encore, c’est avec les prisonniers condamnés à de longues peines du centre de détention de Muret (Haute-Garonne) que Mgr Robert Le Gall célébrera sa première messe de Noël, le 24 décembre à 17 heures, avec l’aide de la communauté des Béatitudes. Puis il rejoindra la cathédrale de Toulouse pour la messe de minuit. Et le lendemain matin, deux autres célébrations l’attendent : l’une pour les hommes, l’autre pour les femmes, de la maison d’arrêt de la ville.

    À Orléans, Poitiers, Bourges, Versailles, Évry, Créteil, Soissons ou Metz, nombreux sont les évêques de France à célébrer Noël en prison. L’occasion pour eux d’y redire que « notre vie n’est jamais à ce point détruite que le Seigneur ne puisse y naître et y grandir », rappelle Mgr Jacques Benoit-Gonnin, évêque de Beauvais. Le 25 décembre au petit matin, il se rendra dans l’immense et flambant neuf centre pénitentiaire de Liancourt (Oise). C’est dans une salle polyvalente que sera célébrée la messe : un petit autel et sans doute une crèche y auront été aménagés pour la circonstance.

    Faire le lien entre les détenus et le reste de la communauté chrétienne

    Pour les détenus, mais aussi pour les gardiens, cette venue n’est pas anodine, même si tous ne sont pas catholiques. « Les détenus me demandent de faire le lien avec le reste de la communauté. Aussi, je commence toujours la messe de Noël à la cathédrale par une mention de ce que j’ai vécu en prison », raconte Mgr Le Gall. Dans cette période de festivités et de retrouvailles, vécue souvent douloureusement, la présence de l’évêque est ressentie comme une marque d’attention.

    Au dire de l’équipe d’aumônerie, présente, elle, chaque semaine, l’assistance est un peu plus nombreuse ce jour-là : elle mêle catholiques, chrétiens d’autres confessions, mais aussi des musulmans. « Ils ne communient pas mais je trouve beau qu’ils partagent un peu de notre joie et de notre foi », avance Mgr Le Gall. À tous, Mgr Benoit-Gonnin vient redire que « Dieu est né dans le monde pour vous aussi ». « J’essaie de ne pas être dur, mais de parler en vérité, résume-t-il. Je leur dis qu’eux seuls savent la gravité de leurs actes, que je ne suis pas là pour en juger, mais que, malgré cela, Dieu les aime et ne les a pas oubliés. » 

    Une expérience chaque année toujours aussi forte

    Pour les évêques, l’expérience reste tout aussi forte, d’année en année. « Au début de la messe, l’un des fidèles lit toujours un petit mot, extrêmement touchant et délicat », rapporte Mgr Le Gall, qui a vécu « comme une révélation » ses premiers partages d’Évangile avec des détenus, lorsqu’il était à Mende. Il se souvient aussi, il y a deux ans, lorsqu’il est allé visiter dans leur cellule deux femmes accompagnées de leurs enfants. Ou encore de ce baptême qu’il a célébré le 8 décembre, entouré de toute l’équipe qui avait préparé le sacrement…

    Sa venue à Noël est donc aussi une manière de « saluer le travail » des nombreux aumôniers et visiteurs, souvent bénévoles, présents dans ces lieux « riches en rencontres », mais exigeants.« J’essaie souvent d’expliquer aux autorités que, dans le contexte chrétien, la visite au prisonnier exprime quelque chose du regard de Dieu sur l’être humain », résume l’évêque de Beauvais. « Bien sûr elle peut être utile à l’apaisement, à l’humanisation des relations entre détenus, avec les gardiens. Mais elle a un sens particulier aussi pour cela. »

    Source : La Croix

  • Les camps de rééducation par le travail sont formellement abolis en Chine

    Le comité permanent de l’Assemblée populaire nationale (ANP), la chambre d’enregistrement législative des décisions du Parti communiste chinois (PCC), la plus haute instance législative chinoise a formalisé mardi 24 décembre 2013 l’abolition des camps de rééducation par le travail.

    camp de travail,Chine,rééducationApparus en 1957 à l’initiative de Mao pour punir les «ennemis du peuple», ces camps ont perduré en dépit des réformes économiques et de l’ouverture lancées en 1978. Ils permettaient de détenir des personnes sur simple décision de police, et ce jusqu’à quatre ans. Objet de multiples abus, ils sont notamment utilisés par les autorités locales contre les contestataires, les internautes dénonçant la corruption ou les «pétitionnaires» demandant réparation d’un préjudice.

    Selon l’agence officielle Chine nouvelle, se référant à un texte émanant du gouvernement «Les législateurs ont reconnu le rôle important du « laojiao » (système des camps de rééducation par le travail) joué dans la sauvegarde de la sécurité publique et le maintien de la stabilité sociale et la punition des contrevenants», a assuré Chine nouvelle. Et d’ajouter que le « laojiao » a accompli sa mission historique». Le comité permanent de l’ANP a estimé que le programme de rééducation par le travail a d’ores et déjà été remplacé par d’autres dispositifs.

    La Chine compte environ 350 camps de travail où sont emprisonnés 160.000 détenus, selon l'agence de presse officielle Chine nouvelle qui cite les chiffres du Bureau de la "rééducation par le travail" du ministère de la Justice.

    La vie dans ces camps peut varier mais les prisonniers doivent subir de longues journées de travail dans des ateliers ou des usines et même dans de grandes fermes agricoles. Depuis 2005, de fortes pressions se sont fait sentir afin d’éliminer ce système.

    Plusieurs cas récents largement diffusés sur les réseaux sociaux chinois ont accentué la pression d’une opinion publique chinoise de plus en plus excédée par les dérives d’une police corrompue dans tout le pays. Ainsi, le cas d’une mère, Tang Hui, de la province du Hunan, condamnée au camp de travail pour avoir dénoncé des policiers coupables d’avoir enlevé sa fille de 11 ans et de l’avoir forcée à se prostituer.

    lettre d'un travailleur chinois dans un camp de rééducation 2011Autre exemple : le 21 octobre 2012, Julie Keith, de Portland, en Oregon (USA) a fait une découverte troublante dans un emballage de décorations d'Halloween qu'elle avait achetées au Kmart l'année précédente. Entre les blocs de polystyrène qui retenaient en place les accessoires se trouvait une lettre manuscrite pliée en huit. Extrait de la lettre : « Les gens ici doivent travailler 15 h/jour, sans congé hebdomadaire et payés 10 yuans, soit 1,2 €uro/mois»

    Avec l’arrivée de Xi Jinping à la tête du pays en novembre 2012, l’espoir de voir ce système aboli n’a cessé de croître. En janvier, un haut responsable de la sécurité nationale avait annoncé que la rééducation par le travail serait abolie cette année, mais son rapport officiel sur la situation avait rapidement disparu des sites officiels qui ne parlaient plus alors que «d’aménagements probables de ce système», sans donner plus de détails.

    camp de rééducation, travail, femmes,Jiangsu,Chine Les défenseurs chinois des droits de l’homme sur les réseaux sociaux applaudissent. «Je m’y attendais, mais je suis quand même surexcité en apprenant la nouvelle», a confié l’avocat Pu Ziquiang. Les camps de travail ont été supprimés en Chine grâce à ce troisième plénum, il faut le saluer. Cela montre que la Chine avance d'un pas vers l’'Etat de droit » Même réaction chez Sui Muquing : «C’est vraiment un grand progrès de civilisation», indique cet autre avocat engagé. «A partir d’aujourd’hui, les camps de travail sont supprimés, j’en pleure de joie», écrit encore l’ancien journaliste d’investigation Dong Fei.

    L’abolition va se mettre en place. Mais de nombreux spécialistes du système judiciaire chinois se demandent par quoi sera remplacé ce triste système. Nicholas Becquelin, chercheur et sinologue à Human Rights Watch, basé à Hong Kong avait remarqué que «Xi Jinping s’est arrangé pour que le chef de la police (l’ex-ministre de la Sécurité publique Zhou Yongkang) soit écarté du pouvoir à son arrivée, ce qui a permis de parvenir à cette réforme». Mais il demeure sceptique :«La question est de savoir si les détentions arbitraires seront éliminées du nouveau système et si le nouveau nom ‘‘correction des comportements illégaux’’ perpétuera les mêmes pratiques de façon déguisée». Autrement dit le même système sous un autre vocable.

    De plus, de nombreux avocats redoutent une très forte résistance de la part des gouvernements locaux : ceux-ci profitent économiquement des détenus comme d’une main-d’œuvre gratuite et en jouent pour garantir l’ordre social.

    Enfin, Joshua Rosenzweig précise que«d’autres formes de détentions extrajudiciaires existent encore aujourd’hui en Chine et sont encore largement utilisées» comme les «prisons noires» (souterraines, gérées par des policiers locaux ou régionaux), ou bien les Centres d’éducation légaux qui sont ni plus ni moins des asiles psychiatriques.

     

    Source : AFP, Libération, La Croix

  • Selon un psychiatre 90 % des tests de dépistage à des substances illicites réalisés sur les détenus sont positifs

    prison,Dr Baratta,psychiatre,drogue,Le docteur Alexandre Baratta, psychiatre en milieu pénitentiaire et expert judiciaire, décrit à Atlantico la situation réelle en ce qui concerne les trafics, les toxicomanies et les cas de schizophrénie non pris en charge.

    Le Dr Baratta intervient comme psychiatre traitant à la Maison d’Arrêt de Sarreguemines. Il est par ailleurs expert judiciaire pour évaluer les détenus des établissements pénitentiaires d’Alsace et de Lorraine (centres de détention, maisons d’arrêt et une maison centrale).qui demandent des mesures d’aménagement de peine.

     

    Des conditions de détention difficiles en maisons d’arrêt

     

    prison,Dr Baratta,psychiatre,drogue, Sarreguemines,coursiveGlobalement, les centres de détention ne présentent pas de surpopulation carcérale. Les conditions sanitaires sont acceptables, sans insalubrité notoire. Des panneaux d’affichage notifient les droits des détenus et proposent les formations disponibles. Plusieurs types d’emplois sont accessibles aux détenus qui en font la demande (ce qui n’est pas systématique).

     

    Il en va autrement des maisons d’arrêt, qui sont des établissements de courte peine ou pour les détenus en attente d’être jugés. C’est dans ces établissements que  nous retrouvons la classique image d’Épinal de la prison surpeuplée. Une telle surpopulation représente un stress majeur, tant pour les personnes y travaillant (administration pénitentiaire) que pour les détenus.

     

    La plupart des locaux sont anciens voire inadaptés (évasion par une brèche dans le toit de la maison d’arrêt de Colmar le 31 décembre 2012). Toutefois je n’ai jamais constaté de locaux insalubres : les sols étaient toujours propres et exempts de déchets…

     

    Le trafic de drogue est très fréquent

     

    Le Dr Baratta précise : dans le cadre de mes premières fonctions (prescripteur de traitement et évaluation expertale), je mets en œuvre des tests de dépistage urinaire de drogue. 90 à 95 %  sont positifs à au moins un stupéfiant. Il s’agit dans la grande majorité des cas de cannabis, mais il peut aussi s’agir de cocaïne, héroïne, LSD… Les murs de la prison n’empêchent pas la drogue d’entrer ; et la drogue ne fait pas sonner les portiques de détection d’objets métalliques.

     

    En résumé, il y a 3 moyens de faire entrer de la drogue :

    ·                                 Les "parachutes" : balles de tennis, voire balles de foot préalablement remplies de drogue puis jetées dans la cour de la prison. Des détenus préposés se déploient pour réceptionner le parachute. Toutefois l’installation de filets au dessus des cours tend à limiter ce flux entrant, au profit des 2 suivants.

    ·                                 Les visites lors des parloirs.Les familles et amis des détenus apportent régulièrement les stupéfiants à cette occasion. Seule la fouille des détenus à la sortie des parloirs permettait (éventuellement) de limiter ce flux entrant. Toutefois cette pratique tend à se multiplier du fait de la pose systématique des filets au dessus des cours ; mais surtout en raison de l’interdiction de la fouille des détenus depuis le mois d’octobre 2013. En effet, la Cour constitutionnelle estime que ces fouilles pouvaient porter atteinte à l’interdiction de traitement dégradant des détenus.

    ·                                 Lors des sorties de courte durée des détenus (permissions, semi- liberté). Je suis régulièrement confronté dans ma pratique à des détenus sortant le matin et entrant le soir en prison ivres, ayant consommé toutes sortes de substances.Maisen tant que médecin traitant, je suis tenu par le secret médical et ne peux enréférer àl’administration pénitentiaire.Là encore l’absence de fouille facilite un tel flux entrant.

    Résultat final : il est fréquent, lors de mes déplacements dans les couloirs des établissements pénitentiaires, de sentir de fortes odeurs de cannabis flottant dans l’air. Tout comme il est fréquent de me faire insulter par des détenus expertisés par le passé et à qui mes conclusions ne convenaient manifestement pas..

    Dans ma fonction de médecin traitant, les détenus savent que je suis astreint au secret professionnel. Contrairement aux cas d’expertise (où tout est rapporté au juge), les détenus parlent librement. Ils m’expliquent quels efforts de stratégies ils déploient pour faire entrer téléphones portables, clés USB ou encore stupéfiants.

    Les trafics d’alcool sont également une réalité.Un vieux pull trempé dans une boisson anisée est ensuite mis à sécher toute une nuit.Apporté en prison via des parloirs, il suffira de le faire tremper dans l’eau pour en récupérer l’alcool. Des trafics de drogue ou d’alcool (en bouteille cette fois-ci) à grande échelle ont également été menés avec complicité de membres du personnel pénitentiaire : les protagonistes ont été identifiés et sanctionnés.

     

    10% des détenus, atteints de maladies psychiatriques, devraient plutôt être hospitalisés

     

    De nombreux détenus souffrent de maladie mentale de type schizophrénie en prison. Toutefois cette proportion de malades mentaux ne dépasse pas les 10 %. En théorie, les expertises psychiatriques identifient les malades mentaux : s’il est établi un lien direct entre schizophrénie et délit, un non-lieu est prononcé et le sujet est orienté en psychiatrie. Toutefois il est possible d’être schizophrène et d’agresser une vieille dame pour lui voler son sac à main dans le but de se payer un peu de cannabis. Dans ce cas de figure l’auteur du délit reste accessible à la sanction pénale.

     

    Les études ont expliqué pourquoi il y a 10 fois plus de schizophrènes en prison que dehors : la présence d’une schizophrénie augmente le risque de commettre des actes violents. Des structures de soins psychiatriques existent en prison (UCSA, SMPR, UHSA), et les détenus souffrant de schizophrénie peuvent y bénéficier d’un suivi. Hélas, selon le Dr Baratta, il est vrai que plusieurs établissements carcéraux manquent de moyens à ce niveau. Et ce ne serait pas du luxe que de leur allouer davantage de moyens (locaux plus grands, plus de vacations médicales).

    Source : Atlantico

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