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Face à la radicalisation islamique, le député Sébastien Pietrasanta préconise des alternatives à la prison

A la demande du Premier Ministre, le député PS Sébastien Pietrasanta propose 37 mesures pour mieux lutter contre le phénomène grandissant de la radicalisation islamique en France.

Une radicalisation qui a doublé en un an

1.818 Français ou résidents étrangers en France sont impliqués dans les filières djihadistes en Syrie et en Irak selon les dernières estimations. Un chiffre qui explose au fil des mois et qui a plus que doublé en 1 an. 
20% de ces djihadistes sont des convertis et 230 des femmes.

Comment gérer leur retour sur le territoire français lorsqu’ils sont repérés ?

Par ailleurs, 2.226 personnes ont été signalées en un an au Centre National d’Assistance et de Prévention de la Radicalisation (CNAPR), dont plus de 40% de femmes et 25% des mineurs.

Comment prendre en charge un jeune dont le comportement a clairement changé en quelques semaines ?

Des avis divergents sur la nature du phénomène de radicalisation

S’il est généralement considéré qu’elle correspond à « une quête existentielle » et qu’elle n’est pas une dérive sectaire, les avis sont partagés sur la nature du phénomène.

Le préfet Pierre N’Gahane estime que « Le phénomène de radicalisation n’a rien à voir avec la religion».

Par contre, le président du Conseil économique et social environnemental a récemment souligné «le risque de rupture potentielle de notre société, qui rencontre de plus en plus de difficultés à appliquer la devise républicaine ‘Liberté, Egalité, Fraternité’ à l’égard de jeunes… », et que «le fait politique est en train de se transformer en fait religieux ».

M. Pietrasanta estime que " La plupart des radicalisés ont en commun une situation d’échec, de rupture, une quête de sens ou d’identité". "C’est un nouvel engagement politique d’une frange de notre jeunesse. C’est la nouvelle idéologie du XXIe siècle".

Pas de solution globale

L’axe fort du rapport est clair : Tous les cas ne se ressemblent pas, et il n’est pas concevable d’appliquer une solution globale.

Par ailleurs, en France, "la problématique est spécifique du fait de l’Etat laïc".

« Face à la multitude de profils, il ne peut y avoir une seule et unique réponse. Certains doivent être traités en milieu ouvert, d’autres dans un centre de déradicalisation et les plus dangereux en prison. En effet, un traitement exclusivement judiciaire et répressif de ce phénomène posera un problème inévitable dans les années à venir. »

Des alternatives à la prison

prison,Fresnes,djihadistePour mettre en place des moyens de lutte et de prévention efficaces, le rapport préconise des alternatives à la prison.

Dans les cas les moins radicaux, un traitement en milieu ouvert est envisageable, ou au sein de centres dédiés à la réinsertion. Le tout en lien avec un «mentor», sorte de tuteur qui accompagne chacun des cas au quotidien pour évaluer la situation en permanence, comme c’est le cas par exemple au Danemark.

 

La case prison , comme actuellement à Fresnes, doit en revanche être la réponse adaptée dans les cas les plus durs. C’est à la justice d’estimer quelle doit être la place de chacun.

Au sein des établissements pénitentiaires, il apparait judicieux de créer des quartiers réservés afin d’éviter tout type de prosélytisme.

Internet, un facteur d’accélération

Bien qu’il note qu’Internet est seulement un facteur d’accélération de la radicalisation, le rapporteur propose que le dispositif « stop djihadisme » aujourd’hui en place mais peu efficace soit renforcé par une « task force », un arsenal de webmasters capable de démonter la propagande djihadiste sur la toile et de proposer un contre-discours efficace à base de témoignages de repentis.

Un besoin urgent de réflexion globale sur notre société et son avenir

La perte des repères sociaux et des perspectives de promotion sociale, le cantonnement de toute référence spirituelle au champ de l’intime par crainte du prosélytisme, la contestation de toute forme et de tout symbole d’autorité (père de famille, enseignants, patrons, forces de l’ordre…), l’inquiétude persistante face à l’avenir, l’égoïsme dominant (tant au niveau des individus que des collectivités), l’absence de véritables projets collectifs national et européen susceptibles de motiver des jeunes avides d’absolu, le développement de fondamentalismes religieux intransigeants sources de conflits armés et d’actions terroristes entraînant des courants migratoires de moins en moins contrôlables, la mondialisation des échanges qui tend à effacer les différences culturelles… sont autant de facteurs qui alimentent la crise identitaire dans notre société. Il ne faut donc pas s’étonner que la « quête existentielle » soit inassouvie et de plus en plus prégnante !

Il ne suffit pas d’observer que « le pacte républicain du 'vivre ensemble' est mis à mal ». Les débats économiques et budgétaires qui font l’actualité européenne sont complètement déconnectés d’une quête existentielle collective pourtant essentielle.

L'enfermement durant plusieurs mois peut inciter à s'interroger sur le sens de sa vie. Je ne suis donc pas surpris que certains détenus radicalisés tentent de faire partager, voire d'imposer leur spiritualité fondamentaliste à ceux qu'ils côtoient.

De son côté, l’ancien Garde des Sceaux Robert Badinter a relevé récemment que 35 à 40% des personnes en détention sont d’abord des grands malades. Là encore, une réflexion approfondie s’impose sur la mission de la prison respectant la dignité intrinsèque de toute personne humaine, les souffrances des victimes et les exigences de la vie en société. 

Source M6 Info – Rapport du député S. Pierasanta

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