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  • Le pape François appelle à réinsérer réellement les prisonniers dans la société

    pape françois,prison,réinsertionEn visite le 21 juin à la prison de Castrovillari en Calabre (Italie), le pape François a appelé les institutions pénitentiaires à «un engagement concret en vue d'une réelle réinsertion des prisonniers dans la société» : sinon, l’exécution de la peine n'est qu'un «instrument de punition».

    Le pape a rejoint la prison à pied, en saluant le long du parcours les familles des gardiens. Dans la cour, le pape a ensuite rencontré les détenus, quelque 200 hommes et femmes, ainsi que les agents de la police pénitentiaire.

    Après le mot d’accueil de la part du directeur de la maison carcérale et d’un détenu, le pape François déclaré : «Le premier geste de ma visite pastorale est cette rencontre avec vous, dans la maison carcérale de Castrovillari. De cette manière, je voudrais exprimer la proximité du pape et de l’Église avec chacun des hommes et chacune des femmes qui se trouvent en prison, partout dans le monde. Jésus a dit : « J’étais en prison et vous m’avez visité » (Mt 25,36).

    Aller au-delà du respect des droits fondamentaux des détenus

    «Dans les réflexions sur les détenus, on souligne souvent le thème du respect des droits fondamentaux de l’homme et l’exigence de conditions d’expiation de la peine qui soient en accord avec ces droits. Cet aspect de la peine pénitentiaire est certainement essentiel et il faut toujours y accorder un niveau élevé d’attention. Mais cette perspective n’est pas encore suffisante, si elle n’est pas accompagnée et complétée par un engagement concret des institutions en vue d’une réinsertion effective dans la société.»

    « Quand cette finalité est négligée, l’exécution de la peine devient un instrument de seule punition et de rétorsion sociale, nuisible pour l’individu et pour la société», a-t-il mis en garde.

    La vraie réinsertion

    «..Une réinsertion véritable et totale de la personne ne se fait pas au terme d’un parcours uniquement humain. Participe aussi à ce chemin la rencontre avec Dieu, la capacité de nous laisser regarder par Dieu qui nous aime. Il est plus difficile de se laisser regarder par Dieu que de regarder Dieu. Il est plus difficile de se laisser rencontrer par Dieu que de rencontrer Dieu, parce qu’il y a toujours une résistance en nous. Et lui t’attend, il nous regarde, il nous cherche toujours. Ce Dieu qui nous aime, qui est capable de nous comprendre, capable de pardonner nos erreurs, a déclaré le pape François.

    «Le Seigneur est un maître de réinsertion : il prend [l'homme] par la main et [le] remet dans la communauté sociale. Il ne condamne jamais. Il pardonne toujours, il accompagne toujours, il comprend toujours». Mais il revient à l'homme «de se laisser comprendre, de se laisser pardonner, de se laisser accompagner» sans opposer de résistance.

    «Moi aussi je me trompe, moi aussi je dois faire pénitence », a souligné le pape, qui a fait observer qu'il était plus difficile "de se laisser regarder par Dieu que de regarder Dieu".

    Pour conclure, il a souhaité à chacun «que ce temps de détention ne soit pas perdu, mais qu'il puisse être un temps précieux» pour «devenir meilleur et rendre la communauté meilleure, car dans le bien et dans le mal, nos actions influent sur les autres et sur toute la famille humaine».

    Une pensée à la victime

    Le pape a également rencontré le père et les deux grand-mères du petit Nicola (Cocò) Campolongo, tué par le crime organisé en janvier. « Jamais plus de violence à l'encontre des enfants ! Que plus jamais un enfant ne vive cette souffrance ! Jamais plus de victime de la mafia N’Drangheta ! », s'est exclamé le pape, qui a assuré qu'il priait pour Cocò, invitant à « ne pas désespérer ».

    Source : Zenith

  • Le projet de loi de réforme pénale soumis fin juin au vote des sénateurs

    Le projet de loi adopté par les députés le 10 juin sera soumis au vote des sénateurs à partir du 24 juin.

    Le poids des mots

    justice,prison,peines,code pénal,personnalisationSur la proposition du rapporteur devant l’Assemblée Nationale, Dominique Raimbourg, le titre initial du projet de loi «  relatif à la prévention de la récidive et à l’individualisation des peines » est devenu « loi tendant à renforcer l’efficacité des sanctions pénales ». Probablement pour lutter contre le préjugé de « laxisme » des opposants…

    A l’occasion de la modification du titre, le terme « individualisation » a été abandonné. C’est heureux car il est moins respectueux de la personne que celui de « personnalisation ». Ce terme est d’ailleurs rappelé dans le texte du projet adopté en reprenant l’intitulé du code pénal « Dispositions favorisant le recours aux modes de personnalisation de la peine ».

    Les principales nouveautés

    Contrairement à la peine de sureté, les peines planchers sont supprimées. Elles avaient été introduites en 2007 pour lutter contre la récidive mais rarement prononcées par les juges. Faute de recul, le bilan n’ait pu en être fait mais il faut se rappeler que les candidats Sarkozy et Hollande en avaient fait une mesure symbolique lors de leur campagne électorale…

    Une contrainte pénale est introduite –ou plutôt développée- comme alternative aux courtes peines de prison. Elle consiste à faire respecter en milieu ouvert, hors de la prison, des obligations (réparation des dommages, obligation de suivi d’une formation, traitements médicaux, stage de citoyenneté…) et des interdictions (conduite d’un véhicule, entrée en relation avec une victime, fréquentation d’un débit de boissons…) sur une période de 6 mois à 5 ans. Le juge d’application des peines  évaluera chaque année la situation du condamné et pourra décider de son incarcération en cas de non-respect 

    Le tribunal pourra statuer en deux temps afin de mieux connaître la personnalité du prévenu. Il se prononcera d’abord sur la culpabilité ou non de l’accusé et fixer les indemnités aux victimes, puis, dans le délai maximum de quatre mois, sur la peine après avoir recueilli les informations complémentaires sur le coupable.

    Un rendez-vous judiciaire obligatoire sera fixé aux deux-tiers de la durée de la peine pour évaluer la situation du détenu, son parcours et son projet de réinsertion. Le juge pourra alors prononcer une libération sous contrainte, notamment une surveillance électronique.

    Les députés ont adopté plusieurs amendements, en particulier deux qui ont réuni l'unanimité :la suspension de la peine de prison pour les femmes enceintes sauf si elles ont été condamnées pour des crimes et délits à l’encontre de mineurs ainsi que l’augmentation de 10% de toutes les amendes –y compris douanières- cette augmentation étant affectée au fonds d’indemnisation des victimes.

    Qu’en penser ?

    Pour 1/8 des français, la délinquance est le premier facteur de préoccupation (devant le chômage), pour l’avenir de notre société. Il se situe devant les questions de santé pour l’ensemble de la population. Les questions de justice et de sécurité sont donc un sujet politique majeur.

    La réforme projetée va dans le bon sens. Mais une occasion a été manqué d’organiser un vrai débat citoyen sur la justice et les peines qu’elle prononce. Le projet de loi s’appuie sur une « conférence du consensus » mais celle-ci n’a réuni que des experts (magistrats, directeurs de prison, enseignants-chercheurs, élus). Comme pour l’Europe, on dirait que les responsables politiques ont peur du débat démocratique, alors que l’exemple suisse démontre que c’est possible.

    La prison vaut mieux que les châtiments physiques ordonnés dans le passé (flagellation, bastonnade, galère…) mais on peut se demander pourquoi c’est en France la peine de référence. Près de la moitié des condamnations y sont prononcées suite à des infractions routières et 30% de ces condamnations entrainent des peines de prison. En Allemagne, cette proportion n’est que de 5,5%, les juges allemands prononçant plutôt de lourdes peines d’amende. Promouvoir des peines alternatives qui respectent davantage toutes les personnes est un véritable progrès.

    La suppression de la récidive est une utopie. On ne peut qu’essayer de la réduire. La moitié des peines de prison ferme l’est pour une durée maximum de 6 mois. Une durée bien courte pour modifier des comportements délictueux. L’étude d’impact des peines alternatives actuelles montre que le taux de récidive devrait baisser mais qu’il restera élevé. A titre d’exemple, lors de l’émission « C’est toute une histoire » sur France 2 le 12 juin, Michel Ferran, l’organisateur du casse du siècle en Suisse a avoué; je le cite de mémoire : « Si l’occasion se présente je le referai et je choisirai avec plus de précaution mes co-équipiers… La prison est difficile à vivre. Mais c’est comme une fracture. Après un certain temps, on oublie la douleur ».

    Comme l’a fait remarquer une auditrice au cours de l’émission « La voix est libre » à laquelle je participais sur Radio Notre-Dame, pour désengorger durablement les prisons, la prévention doit être prioritaire. Plus le délinquant est jeune, plus le risque de récidive est grand. C’est donc le soutien aux associations d’animation socioculturelle et le recrutement des travailleurs sociaux auprès des jeunes qui doit être prioritaire. Même si comparaison n’est pas raison, l’allongement moyen de l’espérance de vie est beaucoup plus le résultat du respect des règles d’hygiène que des prouesses de la médecine.

    Même si c’est moins médiatique, prévenir est beaucoup moins coûteux et douloureux que guérir.

  • 187 adolescentes en otage menacées d'être vendues comme esclaves

    Nigeria,otage,Boko Haram,lycéennes,adolescentes,esclavesLe 14 avril dernier, la secte nigériane Boko Haram a kidnappé 230 lycéennes de 16 à 18 ans à Damboa.

    Le journal nigérian Sunday Punch a publié le 4 mai l’interview de Sawok et Walse, 2 des 43 des adolescentes qui ont réussi à s’enfuir lors d’une panne sur la route.

    187 restent retenues en otage selon les chiffres de la directrice du lycée de Chibok, qui a effectué un recensement auprès des parents d'élèves.

    Le déroulement des faits

    « «Ils sont entrés dans notre école et nous ont fait croire qu’ils étaient des soldats», a rapporté Walse au Sunday Punch. «Ils portaient des uniformes militaires. Quand nous avons découvert la vérité, il était trop tard et nous ne pouvions plus faire grand-chose.»

    «Ils criaient, ils étaient grossiers, a ajouté sa camarade, c’est pourquoi nous avons compris que c’était des insurgés. Puis, ils se sont mis à tirer et ont mis le feu à notre école.»

    Les deux lycéennes racontent comment elles se sont enfuies : «J’avais beaucoup entendu parler de Boko Haram, des choses qu’ils ont fait et de toutes les personnes qu’ils ont tuées dans le pays. J’avais peur et j’étais désespérée. Je sentais qu’une fois arrivée dans leur camp je serais en danger et que j’avais intérêt à m’enfuir», explique Sawok.

    «Notre véhicule a eu un problème et ils ont dû s’arrêter. J’en ai profité avec quelques autres filles pour courir et nous cacher sous des buissons», ajoute Walse. «Je vais bien et je suis très solide physiquement, mon seul problème est que des amies à moi restent aux mains des terroristes.»

    Le 25 avril, l’armée nigériane a accroché le groupe de Boko Haram. Les combats ont fait 44 morts, quarante du côté des islamistes et quatre du côté des militaires selon des chiffres communiqués par le ministère de la Défense. Ces combats se sont déroulés entre Alagarmo et la forêt de Sambisa qui abrite un camp de combattants de Boko Haram, camp qui pourrait abriter les lycéennes kidnappées onze jours avant.

    Contacté par RFI, le membre d'un groupe d'autodéfense qui a patrouillé dans la forêt de Sambisa indique que les jeunes filles kidnappées auraient été transférées quelques jours auparavant par minibus vers le Cameroun afin d'échapper aux poursuites.

    Le 28 avril, un groupe de Boko Haram a attaqué Gamboru Ngala, ville proche de la frontière camerounaise.  Selon des habitants, les assaillants circulaient à bord de véhicules blindés et de vans peints aux couleurs des forces de sécurité et ont brûlé marché, bureau des douanes, commissariat de police et magasins. Gamboru Ngala, sénateur local, a évoqué mercredi le chiffre de 300 morts.

    Le recours à des milices privées, constituées de civils, contre les islamistes a poussé Boko Haram à se retourner contre les populations locales. «Boko Haram s'en prend à des villages tout entiers (...) massacrant parfois jusqu'à 200 à 300 villageois, hommes et femmes», pour se venger de la complicité des civils avec l'armée, explique le chercheur français Marc-Antoine Pérouse de Montclos.

    Le président du Nigeria Goodluck Jonathan est à nouveau critiqué pour l’incapacité des forces de sécurité à mettre hors de nuire la secte qui frappe aussi hors de son fief du Nord-Est. La secte a en effet revendiqué l'attentat qui a fait 75 morts dans la capitale Abuja fin avril.

    Ces faits tombent d’autant plus mal qu’ils éclipsent le «Forum économique pour l'Afrique», un «Davos africain» qui s'est ouvert le 7 mai à Abuja sous sécurité maximale, un sommet sur lequel le Nigeria comptait pour vanter ses progrès économiques.

    Le 15 mai, soit un mois après leur enlèvement, nous sommes toujours sans nouvelles des lycéennes kidnappées malgré la mobilisation des grands pays les plus développés (USA, UK, France, Chine...)

    Vers le retour au Moyen Âge ?

    Boko Haram, qui revendique la création d’un Etat islamique dans le nord du pays le plus peuplé d’Afrique, a déjà pris pour cible des écoles, des églises, des mosquées et des symboles de l’Etat et des forces de l’ordre depuis 2009.

    Mais cet enlèvement de masse, visant particulièrement des jeunes filles, n’a pas de précédent dans l’époque moderne. Il constitue l’attaque la plus choquante depuis l’existence de ce mouvement qui a déjà fait 1.500 morts en 4 mois cette année.

    Le nom "Boko Haram" signifie "L'éducation occidentale est un péché". La secte vise donc de manière privilégiée tous les symboles qui militent pour l’égalité d’éducation des femmes.

    Pire. le journal télévisé de France 2 a rapporté le 7 mai un message video de Abubakar Shekau, chef de la secte, qui menacerait : « Les jeunes filles seront vendues en esclavage ou mariées de force au prix de 10 euros chacune ! »

    nigeria,otage,boko haram,lycéennes,adolescentes,esclavesPas plus que le bloggeur sénégalais Momé Vent, je n'ai pas non plus la prétention d'analyser la situation au Nigéria, où je n’ai jamais séjourné. En revanche, c'est ce qu'elle nous remémore (l’esclavage) et notre propre faculté d'indignation et de mobilisation populaire qui m’interpellent.

    Certes la femme du président Obama s’est jointe aux manifestations pour réclamer la libération des lycéennes. Mais,, comme le relève Momé Vent, une pétition sur Facebook a été signée par près d’un million d’internautes pour soutenir 5 étudiants qui avaient promené un lama à Bordeaux... Avec lui, serait-ce possible d'en faire autant pour le rapt insupportable de quelques 187 mineures abandonnées aux mains de parfaits cinglés? Pour qu'elles soient libérées et retrouvent leur famille. Pour soutenir leur proviseur qui se démène pour qu'elles ne sombrent pas dans l'oubli et pour qu'à leur tour, un jour, elles puissent prendre la parole. En femmes libres.

    Faut-il rappeler que le 16 avril était la journée mondiale de lutte pour l’abolition de l’esclavage des enfants.. Certains responsables politiques français estiment qu’il faut cesser de se culpabiliser et ne plus commémorer l’abolition de l’esclavage par notre pays. 

    Les agissements de la secte nigériane montrent que ce crime contre la dignité humaine est toujours d’actualité. Il faut criminaliser toute personne, où qu'elle soit, qui se prête à ce commerce.

    Sources : Sunday Punch, RFI

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