Avertir le modérateur

détention - Page 2

  • Rencontre avec Marie-Leïla Coussa, journaliste de Radio Notre Dame

    Radio Notre-DameLors de ma rencontre avec Marie-Leïla Coussa, la journaliste à Radio Notre-Dame m’a incité à faire quelques commentaires sur le rapport d’activité du Contrôleur Général des Lieux de Privation de Liberté.

    Pour écouter l’interview, cliquer ici 

     Quelques commentaires

    Le Contrôleur Général des Lieux de Privation de Liberté (CGLPL) dirige un organisme qui dépend directement du 1er Ministre. Il est donc inacceptable que 20 de ses propositions faites les années précédentes n’aient même pas fait l’objet d’un accusé réception ! En effet, s’il en est ainsi à l’égard de propositions du Contrôleur Général, comment espérer une réelle écoute des propositions faites par les associations ?

    Lorsqu’on parle de détention, on pense instinctivement « prison ». Or, plus de la moitié des lieux de privation de liberté sont les cellules de garde à vue dans les commissariats et les gendarmerie ainsi que certaines chambres d'hôpitaux. Un aspect instructif du rapport : les conditions de transfert et les conditions de vie dans les chambres d’isolement des hôpitaux qui sont souvent inhumaines

    Le rapport décrit par ailleurs de façon pertinente les réactions coercitives de l’administration pénitentiaire à l’égard des détenus qui veulent faire valoir le respect de leurs droits légaux et règlementaires.

    La plupart des propositions du Contrôleur Général ne coûtent quasiment rien. L’une d’entre elles est exemplaire : "baisser de manière drastique les moyens de contrainte (menottes) pour les extractions hospitalières". Très concrètement, je pense à un ancien détenu (il est décédé le Jeudi saint 2013 des suites d’un cancer) ; il a été transféré entre l’hôpital de Gradignan et l’ile de Ré, menottes aux mains sur plus de 100 km quelques semaines avant son décès. Son entravement était-il nécessaire ? Pire, le procureur a attendu qu’il soit dans le coma pour venir à l’hôpital lui notifier qu’il est libre !

    Le Contrôleur Général revient en 2013 sur le principe de laïcité pour insister sur le nécessaire respect des prescriptions religieuses alimentaires en rappelant qu’il "ne revient pas à l’administration de définir ce qui est à proprement parler ce qui est cultuel et ce qui n’en relève pas". Il note que les détenus sont bien souvent privés d'objets à caractère religieux. Il note néanmoins que, s’ils doivent se concilier avec les nécessités du service public, notamment en termes de sécurité, de santé et de respect des droits d'autrui», les livres font partie des outils nécessaires à la pratique spirituelle. J’en viens à me demander si, pour certains responsables de l’administration pénitentiaire, l’agnosticisme serait la seule référence spirituelle compatible avec le principe de laïcité…

    N'en déplaise aux miltants anti-religieux, je pense que la prière communautaire est un outil spirituel qui aide efficacement les détenus à se reconstruire. D'ailleurs, l'aumonier catholique de la prison de Boma en République Démocratique du Congo n'hésite pas à inviter les détenus à faire preuve de solidarité en les incitant à prier non seulement pour eux-mêmes mais également pour les autres.

    Un enseignement de la rencontre nationale 2014 du Bon Larron


    Fraternité, Bon LarronLe thème de la rencontre nationale 2014 "Regard d'amour, chemin de libération" de la Fraternité des prisons « Le Bon Larron » fait écho aux réflexions entendues venant d’anciens détenus accueillis à Auffargis ou exprimées dans la correspondance entre détenus et membres de l’association.

    Sœur Bénédicte, qui rencontre des détenus au dépôt du Palais de justice de Paris, y a témoigné : «Nous portons ce que j’appelle : la grâce du regard. Ce n’est pas l’acte, ce n’est pas la prostituée, la droguée, l’infanticide, ou l’alcoolique… que nous rencontrons en prison ou en maison d’accueil, mais une personne voulue et aimée de Dieu, appelée comme le fils prodigue de la parabole, à retrouver sa dignité de fils et fille de Dieu… L'homme, à l'image de Dieu, ne peut vivre sans relation. Or le regard établit la relation entre deux êtres. Et ce regard s'il peut être destructeur, par exemple lorsqu'il juge, peut aussi, lorsqu'il est regard d'amour, être libérateur dans la mesure où il valorise celui que je regarde ; car il signifie alors que j'ai d'une certaine façon, besoin de lui ; l'amour est toujours une relation "bilatérale", dans une complémentarité ; c'est une interdépendance donc une valorisation réciproque».

    La qualité de relations humaines est le principal gage de la réinsertion et contre la récidive.

    Elle a conduit l'Assemblée Générale de la Fraternité du Bon Larron à voter deux motions qui ont été adressées à la Ministre de la Justice :

    -        préserver la séparation des missions de soin et de garde comme le prévoit la loi de 2009, sinon, les malades ne diront plus rien aux médecins

    -       faire en sorte que les travaux de rénovation ou de constructions nouvelles n'enferment pas les détenus dans une bulle technologique deshumanisante et qu'ils intègrent les moyens de transport en commun pour les proches et les bénévoles qui soutiennent les familles (rejoint l’une des recommandations du CGLPL en 2013 qui préconise de créer des établissements de taille humaine avec <200 places)

  • La libération de Georges Vandenbeusch fruit de l’anti-panoptisme ?

    Le missionnaire Georges Vandenbeusch a été libéré le 31 décembre par ses kidnappeurs 45 jours après avoir été pris en otage au Nord Cameroun par un groupe nigérian de la secte Boko Haram. Il est rare qu’un otage soit libéré aussi rapidement. Certains le sont après plusieurs années. On peut donc s’interroger sur les raisons de cette rapide libération.

    Pour ma part, j'ai été interpellé par le témoignage de G. Vandenbeusch exprimé au journal télévisé de France 2 juste après sa libération : il n’était pas détenu dans une cachette ou dans un local fermé, mais dans une cellule à ciel ouvert et sans mur, sur une simple bâche de 4 m² étendue sous un arbre.

    Une cellule invisible déstabilise autant le détenu que les gardiens

    panoptisme,Panopticon,Michel Foucault,BenthamCe lieu de détention est l’antithèse du principe de la cellule idéale panoptique telle qu’elle a été imaginée par Bentham à la fin du XVIIIème siècle et détaillée dans son livre "Surveiller et punir, Naissance de la prison" par mon homonyme philosophe Michel Foucault : "le pouvoir du gardien doit être visible et invérifiable". Pour ce faire, la surveillance doit être permanente dans ses effets, même si elle est discontinue dans son action, le détenu étant lui-même le porteur de ce pouvoir en se sentant potentiellement sous un contrôle permanent. Bentham avait imaginé une architecture en anneau avec des effets de contre-jour permettant au surveillant de remplir sa mission tout en permettant au surveillant d’être absent sans que le détenu le sache. La technologie contemporaine permet d’assurer cette surveillance déshumanisée de tous les instants avec une architecture apparemment plus anodine, non seulement sur des détenus, des malades hospitalisés, des écoliers, mais aussi sur des groupes sociaux beaucoup plus larges.

    Dans le cas de la détention du P. Vandenbeusch, le gardien voit constamment l’otage et celui voit tous les faits et gestes de ses gardiens. Ne serait-ce pas le groupe des kidnappeurs qui s'est finalement senti déstabilisé par une cohabitation où tous les membres, en quelque sorte, se surveillent mutuellement, où le pouvoir se dilue dans des relations interconnectées continues ?

    On retrouve là l'interactivité du 2.0 qui déstabilise les élites sociopolitiques et la majorité des managers dépeinte par Laure Belot dans son article publié le 23 décembre…

    2.0 nous mène-t-il vers un trou noir sociétal ?

    En 1947, alors qu'Internet n'existait pas, le P. Teilhard de Chardin avait pressenti le développement de la pensée humaine avec le concept de la noosphère, les relations humaines devenant celles d'un village. Mais dans le village traditionnel, il y a un chef coutumier, chacun y joue un rôle.

    Dans le monde virtuel qui se construit, il n'y a plus de véritables leaders d'opinion. Ou du moins, l'émergence de ceux-ci est difficilement prévisible. De plus, leur notoriété est de plus en plus éphémère. Quant aux responsabilités lors de débordements néfastes pour la communauté, elles sont quasi-impossibles à établir.

    trou noirLa réalisation d’un projet impliquait jusqu'ici un espace et une durée. Les réseaux 2.0 semblent annihiler ces deux éléments fondamentaux depuis la création de l’univers. Nous entrainent-ils vers un « trou noir sociétal » ? Ils laissent la place à un nouveau monde où le cérébral désincarné prime sur tout, marginalisant l'intelligence du manuel, du réel, et où on ne laisse plus le temps au temps.

     

    Mais est-ce un modèle durable ? Permet-il le développement total de l'homme et de l'humanité ?

  • 80 détenus poursuivent depuis 5 mois leur grève de la faim à Guantanamo

    L'influente sénatrice démocrate Dianne Feinstein estime que le fait de nourrir de force une partie des détenus en grève de la faim "viole les normes internationales et l'éthique médicale".
     

    Guantanamo,prison,grève de la faimLa grève de la faim entamée il y a près de cinq mois est observée par 80 des 166 prisonniers détenus sans jugement depuis 11 ans à Guantanamo.

     

    46 détenus sont actuellement inscrits sur une liste de personnes susceptibles d'être nourris de force, c'est-à-dire de se voir insérer par le nez un tube jusque dans l'estomac pour y faire passer des nutriments.

     

    Cette grève constitue "une forme de protestation, pas une tentative de suicide", a observé Mme Feinstein, contrant l'argument avancé par l'armée, hantée par la perspective d'un Bobby Sands, cet activiste de l'IRA mort dans une prison britannique en 1981.

     

    Un ancien médecin militaire qui a eu à traiter les détenus de Guantanamo, le général Stephen Xenakis, a également estimé que le fait de nourrir de force était "un affront à la dignité humaine". Pour ce médecin, "La simple vérité est que nourrir de force viole l'éthique médicale et le droit international et rien au nom de la défense de notre pays ne peut justifier ce traitement cruel, inhumain et dégradant à l'encontre d'un homme ou d'une femme".

    Quelques heures avant la nouvelle audition au Congrès sur l'opportunité ou non de fermer la prison, des dizaines de représentants des religions musulmane, catholique, protestante et juive ont de leur côté observé un jeûne de 24 heures pour demander d'en finir avec Guantanamo.

    "La torture et la détention illimitée pratiquée à Guantanamo sont devenues une blessure morale ouverte", a lancé le directeur de coalition Campagne religieuse nationale contre la Torture (NRCAT), Richard Killmer, qui regroupe 320 organisations participantes.

    Mgr Virginia Farris, représentant les évêques catholiques, a estimé que "Guantanamo est devenue le symbole de la détention illimitée sans procès. Fermer cette prison aiderait à restaurer la réputation des Etats-Unis dans le monde en matière de défense des droits de l'homme".
     

    Un emprisonnement "hors la loi" d’un coût faramineux

    Ces arguments ont été repris lors de l'audition par certains sénateurs appartenant au parti du président Barack Obama, qui a renouvelé fin mai sa promesse de fermer Guantanamo.

    "La réalité est que chaque jour qu'elle reste ouverte, la prison de Guantanamo affaiblit nos alliances, inspire nos ennemis et remet en cause notre engagement pour les droits de l'homme", a jugé le sénateur Richard Durbin.

    Autre réalité : son coût faramineux de 454 millions de dollars par an, soit 2,7 millions par détenu à Guantanamo, contre 78 000 dollars à la prison fédérale de haute sécurité de Florence, dans le Colorado, jugée la plus sûre du pays.

    Selon le représentant démocrate Adam Smith au total, 4,7 milliards de dollars (plus de 3,5 milliards d'euros) ont été dépensés pour la prison depuis son ouverture en 2002.

    Mais, le Congrès, où les républicains dominent la chambre des Représentants, a interdit au Président de transférer les détenus sur le territoire américain.

    Pour la sénatrice démocrate Dianne Feinstein, "C'est un énorme gaspillage". Les partisans de la fermeture font également valoir que l'image des Etats-Unis est ternie par le maintien en détention depuis des années de prisonniers ni inculpés ni jugés.

    De leur côté, les opposants, majoritairement républicains, estiment qu'il s'agit d'un outil essentiel de lutte contre le terrorisme et que Barack Obama n'est pas parvenu à présenter une option alternative viable.

    Sur les 166 détenus de Guantanamo, 86 - dont 56 Yéménites - ont été désignés comme transférables dans leur pays d'origine par l’administration.

    Quelque 46 autres sont en détention illimitée, sans inculpation ni procès faute de preuves, mais jugés trop dangereux pour être libérés.

     

    Source : rtbf.be

Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu