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Film

  • La vie de quatre mères en prison

    M6 diffuse le dimanche 16 mars à 23h00 un documentaire réalisé par Hélène Lam Trong qui, pendant 100 mn dépeint la vie de quatre mères en prison à Rennes.

    L’article ci-dessous de Mustapha Kessous, journaliste du Monde, en fait une présentation qui incite à le voir malgré l’heure tardive.

    A noter qu’il sera possible de le visionner encore gratuitement pendant 30 jours sur http://www.6play.fr/


    prison, femmes, Rennes

    Prison deRennes (Ille-et-Vilaine). Dans cet immense bâtiment, deux cent cinquante femmes tentent desurvivrele temps de leur peine. Derrière ces barreaux existe un bloc à part où les portes sont peintes en rose et les murs recouverts de dessins. Un monde où des détenues semblent… heureuses. Il y a de la vie, des rires, de l’amour et même un jardin. Ce coin-là, c’est la nursery. Même en cellule, une condamnée peutvivre avec son bébé jusqu’àses 18 mois. Ensuite, elle doit retourner avec les autres, et l’enfant est confié aux proches ou à une famille d’accueil.

    Dans cette nursery, les jouets font la loi, les gardiennes sont des « tatas » bienveillantes qui laissent parfois les bambins tripoter leurs innombrables clés attachées à leur ceinture. A chacun son hochet en acier… Même si tout est fait pour que l’enfant n’ait pas le sentiment d’être en captivité, le bruit glaçant des serrures rappelle à chaque instant qu’on est dans un établissement pénitencier. Mais peu importe, la nursery sent le parfum de la liberté et des couches.

    LIENS INDÉFECTIBLES

    L’Absente raconte le quotidien de quatre mères qui vivent – ou qui ont vécu – à l’ombre des barreaux. Il y a Maïwenn, qui a fait le choix de faire naître Charlotte en prison. Touchante, cette maman ne cesse de couvrir sa fille de baisers et appréhende le jour où elle devra se séparer (presque) définitivement d’elle et la confier à son père. Maïwenn a pris vingt ans. C’est long, mais ce n’est rien, comparé à l’absence prochaine de sa fille.

    Et que dire de Céline ? Une jeune maman paumée qui n’a pas vu Tony grandir. Ce garçon, meurtri d’avoir une mère en prison, a une dizaine d’années et parle comme un homme. Lors d’une permission, Céline aura l’occasion de revoir son fils mais, entre eux, les gestes tendres se feront rares.

    Ce documentaire, réalisé par Hélène Lam Trong et produit par Mélissa Theuriau, ne porte aucun jugement sur ces détenues. Tout juste livre-t-il le message qu’une mauvaise citoyenne ne fait pas forcément une mauvaise mère. Au fond de sa cellule, aucune de ces femmes ne peut supporter qu’on remette en cause l’amour qu’elle porte à son enfant et chacune se sent coupable de l’avoir abandonné.

     

    Ce sont les témoignages recueillis qui rythment L’Absente, dont un des mérites est de donner la parole aux condamnées mais aussi à leurs enfants que le sentiment de honte peut conduire, parfois, à une profonde dépression. Dommage que les commentaires au début et au milieu du film viennent parfois affadir certaines paroles énoncées. Il n’empêche, L’Absente montre avec douceur que même derrières les barreaux, les liens entre une mère et son enfant restent indéfectibles.

  • Les jeunes femmes Raïka choisissent le bonheur plutôt que l’argent

    terre inconnue,aravalli,radjasthan,raïka,Frédéric LopezDans l’émission « Rendez-vous en terre inconnue » diffusée le 24 septembreterre inconnue,aravalli,radjasthan,raïka,éleveurs,nomades,argent,bonheur,François-Xavier Demaison sur France2, Frédéric Lopez et son invité François-Xavier Demaison dialoguent avec des femmes Raïka, un groupe d’éleveurs semi-nomades indiens qui vivent dans les monts Aravalli du Radjasthan. Pour elles, leur mari qui a été choisi par leur famille est un trésor, qui vaut plus que l’or ! Pour elles, il est inconcevable de ne pas appartenir à une caste.

    Après une heure vingt minutes, le film transcrit la déclaration d’un groupe de jeunes femmes (la plus jeune a été promise à 4 ans et mariée officiellement à 21 ans) qui s’avèrent être de véritables philosophes.

    terre inconnue,raïka,argent,bonheur« Il faut rigoler. (rires…) En ville, les gens font tout le temps la tête. Ils sont toujours occupés. Lorsqu’ils ont des invités, ils ne s’en occupent pas vraiment bien. Pas comme nous. Les gens qui ont beaucoup d’argent ont toujours peur de le perdre. Nous, on n’en a pas beaucoup. On n’a pas cette angoisse. Donc, on est plus heureuses, plus gaies ! ». Une autre ajoute « Bravo Amya ! Merci ! Tu as bien expliqué ! »

    François-Xavier tente un commentaire : « Vous êtes heureuses parce que vous êtes ici, au milieu de cette belle nature… Mais être pauvre en ville, c’est terrible ! Quand on vit en ville, il faut de l’argent », l’une d’elles réplique « Nous, on est bien ici, près de la forêt. Ici, on a tout ce qu’il faut. Je n’ai pas envie d’aller vivre en ville (son mari vit et travaille en ville). Un jour, j’ai entendu parler d’un commerçant très riche. Mais il voulait toujours plus d’argent. Il réfléchissait toujours comment s’enrichir d’avantage. Le matin, le midi, la nuit… tout le temps. Il était tellement occupé qu’il ne prenait même plus le temps de manger, ni de boire, ni de dormir. Finalement, il est mort tout seul, sans personne à ses côtés. »

    Frédéric relance le dialogue par une question : « Tu penses que votre richesse à vous, c’est quoi par rapport à ceux qui ont plein d’argent ? ».

    La réponse est immédiate : « Quelqu’un de riche va demander à des gens de s’occuper de ses parents à sa place pour pouvoir aller travailler dans d’autres villes, loin… Nous on prend soin d’eux correctement. C’est ça notre richesse. Et vous ? Quand vos parents sont âgés, vous vous en occupez ? Vous restez avec eux ? » François-Xavier remarque « C’est une bonne question, parce qu’il y en a qui s’en occupe bien et d’autres qui les mettent dans des maisons… parce qu’ils ne peuvent pas faire autrement, parce qu’ils n’ont pas le choix… » La jeune femme de confirmer : « Chez nous on prend soin de ses parents… » et l’interroge « Et toi, est-ce que tes parents vivent avec toi ? » «  Non, ils ne vivent pas avec moi. » Elle poursuit, étonnée « Vous ne gardez pas vos parents avec vous ! Ils vous ont donné la vie pourtant ! C’est grâce à eux que tu es là ! Vous allez les abandonner ? » Non, je ne vais pas les abandonner. Ils ont une autre maison et ils travaillent, aussi ». « Vous n’habitez pas ensemble à cause du travail ? ». A la réponse gênée de François-Xavier « Non. C’est aussi parce que…», une femme réplique « Il faut s’occuper de ses parents, tu sais !... Ce soir, dans ton lit, tu pourras y réfléchir. Tu préfères quoi ? Avoir beaucoup d’argent ou être heureux. Si tu as beaucoup d’argent, où vas-tu le cacher ? Laisse tomber ton argent ! Comme ça tu seras heureux ! Quand tu n’as pas beaucoup d’argent, tu dors tranquillement ! ».

    Pour couper court à cette interpellation perturbante fuse alors une observation « On est en retard, il faut rentrer ! ». La gêne ainsi ressentie ne serait-elle pas l’indice d’un manque de liberté ? Les prisonniers ne sont les seuls à vivre enfermés.

    Merci à Frédéric Lopez pour cette rencontre partagée avec ces femmes Raïka ! Merci à celle pour cette leçon de philosophie !

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