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démocratie

  • Hommage à Nelson Mandela, icône du prisonnier qui pardonne à ses geôliers et organise la réconciliation

    Mandela militant de combat

    Nelson est le prénom qui lui a été donné par l’institutrice de l’école primaire protestante méthodiste. Son prénom africain Rolihlahla, était-il prédestiné ? Il signifie en effet "fauteur de troubles"en langue xhosa.

    nelson mandela,apartheid,prison,bagnard,réconciliation,pardonPremier avocat noir d’Afrique du Sud, Mandela adhère à l’ANC en 1944, organisation membre de l’Internationale communiste. Bien que boxeur amateur, contre les lois de l'apartheid, il participe à la lutte non violente inspirée de Gandhi. Après l’interdiction de l’ANC en 1960 et constatant que la lutte pacifique ne donne pas de résultats tangibles, Mandela fonde et dirige la branche militaire de l'organisation. Vivant dans la clandestinité, il organise alors une campagne de sabotage contre des postes de police, des bâtiments publics et des installations et militaires (90 attaques armées recensées). Arrêté le 5 août 1962, il est condamné le 11 juin 1964 aux travaux forcés à perpétuité.

    Au fil des années, la pression de l’opinion publique internationale s’est faite de plus en plus forte. Le 6 décembre 1971, l'Assemblée générale des Nations unies déclare en séance plénière l'apartheid crime contre l'humanité ; en juin 1988 le concert hommage à Wembley pour les 70 ans de Nelson Mandela est regardé par six cents millions de téléspectateurs dans soixante-sept pays. Alors que sévit la guerre froide entre les USA et la Russie, il est soutenu par plusieurs dirigeants politiques de pays non alignés aujourd’hui controversés (Kadhafi, Fidel Castro..) et reçoit le prix Lénine.

    En février 1985, le président Pieter Willem Botha avait offert à Nelson Mandela, contre l'avis de ses ministres, la liberté conditionnelle en échange d'un renoncement à la lutte armée. Mais Mandela rejeta l'offre, disant dans un communiqué transmis par sa fille Zindzi : « Quelle liberté m'est offerte alors que l'organisation du peuple demeure interdite ? Seuls les hommes libres peuvent négocier. Un prisonnier ne peut pas faire de contrat». Nelson Mandela est autorisé le 7 décembre 1988 à regagner son domicile où il est assigné en résidence surveillée.

    Sensibilisé comme beaucoup d’Afrikaners par les arguments de Mgr Tutu, le Président Frederik de Klerk décidera d’en finir avec l’apartheid mais, pour cela, devant le refus des députés, il devra recourir au référendum.qui rassemble 65% de votes positifs.

    Rôle capital de l’archevêque anglican Desmond Tutu

    Desmond Tutu,nelson mandela,apartheid,prison,démocratie,bagnard,réconciliation,pardon,GandhiProfesseur de théologie, Desmund Tutu retourne comme doyen du diocèse de Johannesburg en 1975 avant d’être nommé évêque du Lesotho et sera le premier secrétaire général Noir du Conseil œcuménique d'Afrique du Sud.

    Après la mort sous la torture, en 1977, de Steve Biko, l'un des organisateurs des manifestations de Soweto réprimées violemment par la police, Mgr Tutu participe aux réunions clandestines du Black consciousness movement(mouvement de conscience noire) et au mouvement de Black theology (théologie noire).

    Excellent orateur, Mgr Tutu ne cesse de proclamer un message de paix et de non-violence au cours de sermons et de prédications qui rassemblent des foules immenses et qui furent des temps forts de la lutte pacifique menée contre les gouvernements afrikaners. Il dénonce aussi bien l'apartheid que les Noirs qui réclament vengeance. Pour lui, la paix entre les peuples est la seule voie possible. Pour ce combat pacifiste contre le système de l'apartheid, il reçoit en 1984 le Prix Nobel de la paix.

    Auréolé de cette distinction internationale, il est nommé archevêque du Cap en 1986. Il organise alors des protestations contre la ségrégation raciale et des campagnes de boycottage, dont celle du charbon d'Afrique du Sud. Il milite également pour des écoles communes, qui représentent pour lui une étape essentielle dans la réconciliation de l'Afrique du Sud. Il milite aussi contre la réglementation des déplacements des Noirs, les « pass-laws ».

     

    La prison, véritable lieu de conversion

    Détenu sous le matricule 46664, Nelson Mandela passera 18 de ses 27 ans de prison dans l'île prison de Robben Island. En 1971, après 7 ans passés à casser à la main de la pierre à chaux, il est affecté au ramassage du guano.

    nelson mandela,apartheid,prison,bagnard,réconciliation,pardon,GandhiLes conditions de vie des bagnards y sont très rudes. Ceux-ci sont séparés selon leur couleur de peau, les prisonniers noirs recevant les plus petites rations. Les prisonniers politiques, dont fait partie Nelson Mandela, sont séparés des criminels de droit commun et ont encore moins de droits. Mandela étant un prisonnier de classe D (la plus basse classe), il n'a droit qu'à un visiteur et une lettre tous les 6 mois. Cette lettre est souvent retardée durant une longue période et rendue illisible par la censure de la prison. Il se lave avec de l'eau de mer froide et dort dans une cellule minuscule.

    Nelson Mandela tire les leçons de l’échec relatif de Gandhi qui a vu son pays éclater après l’indépendance avec la partition de l'Inde, du Pakistan et du Bengladesh qui a entraîné l’exode de millions d’Indiens. Il profite de ces années de détention pour apprendre l'histoire des Afrikaners et leur langue afin de comprendre notamment leur mentalité et d'établir un véritable dialogue avec eux. Il en vient à estimer et à déclarer que l'Afrikaner est un Africain au même titre que n'importe lequel de ses codétenus noirs, songeant que, à leur place et dans d'autres circonstances, il aurait pu avoir la même vue sur l'apartheid.

    En mars 1982 Mandela est transféré, en compagnie des principaux dirigeants de l'ANC à la prison de Pollsmoor, dans la banlieue du Cap. Il s’inscrit à un cours par correspondance de l'université de Londres dont il recevra le diplôme de bachelor of Laws. Présélectionné pour le titre de « Chancelier »  de cette université, il s'incline face à la princesse Anne du Royaume-Uni.

    Au fil des années passées au bagne et en prison, sa foi en Jésus-Christ ressuscité l’emporte progressivement sur l’idéologie communiste.

    nelson mandela,Frederik de Klerk,apartheid,prison,cellule,démocratie,bagnard,réconciliation,pardon,égalité des droitsProtestant méthodiste, Nelson Mandela s’est peu exprimé sur sa foi, estimant qu’il s’agissait d’une « affaire strictement personnelle ». Mais, c’est bien la culture chrétienne méthodiste qui éclaire le choix audacieux et prophétique de l’instauration de la Commission Vérité et Réconciliation qui a permis à la société sud-africaine de ne pas sombrer dans la guerre civile et de rester unie.

    Elu Président de son pays, il manifestera publiquement sa démarche de pardon et de réconciliation en élevant dans la sienne la main de Frederik de Klerk devenu vice-président et en nommant Mgr Tutu président de la Commission Vérité et Réconciliation.

    Véritable postface du combat de Rolihlahla Mandela, il sera enterré dans sa tribu le 15 décembre, veille de la Journée nationale de la Réconciliation. Tout un symbole pour la nation « arc-en-ciel » et modèle pour toute l’Afrique aujourd’hui parcourue par tant de luttes fratricides. Ainsi se termine le parcours exemplaire d’un combattant déterminé pour la démocratie et l'égalité des droits, au visage illuminé par un large sourire.

    Quelques citations

    ·                    «Toute ma vie je me suis consacré à la lutte pour le peuple africain. J'ai combattu contre la domination blanche et j'ai combattu contre la domination noire. J'ai chéri l'idéal d'une société libre et démocratique dans laquelle toutes les personnes vivraient ensemble en harmonie et avec les mêmes opportunités. C'est un idéal pour lequel j'espère vivre et agir. Mais, si besoin est, c'est un idéal pour lequel je suis prêt à mourir.»

    ·                    «Pour faire la paix avec un ennemi, on doit travailler avec cet ennemi, et cet ennemi devient votre associé.»

    ·                    «Être libre, ce n'est pas seulement se débarrasser de ses chaînes ; c'est vivre d'une façon qui respecte et renforce la liberté des autres.»

    ·                    «Je ne suis pas vraiment libre si je prive quelqu'un d'autre de sa liberté. L'opprimé et l'oppresseur sont tous deux dépossédés de leur humanité.»

    ·                    «Un homme qui prive un autre homme de sa liberté est prisonnier de la haine, des préjugés et de l'étroitesse d'esprit.»

     Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Nelson_Mandela

     

  • 24 députés demandent au Conseil de l’Europe un suivi exceptionnel contre l’usage abusif de la force publique par la France

    Conseil de l'Europe,droits de l'homme,démocratie,députés,24 députés de divers partis et nationalités ont demandé, par un projet de Résolution « Graves revers dans le domaine des droits de l'homme et de l'Etat de droit en France » introduit le 26 juin 2013, qu'une «procédure de suivi soit entamée pour la France» par la Commission dite «de suivi» de l’Assemblée Parlementaire du Conseil de l’Europe (Commission pour le respect des obligations et engagements des États membres du Conseil de l’Europe).

    Le Conseil de l’Europe réunit les représentants de 47 Etats en vue de protéger et promouvoir le respect des droits de l’homme et la démocratie. La Commission de suivi est chargée de veiller au respect des obligations contractées par les États membres, en particulier dans le domaine du respect des droits de l’homme.

    Depuis la création de la Commission de suivi en avril 1997, de telles demandes visant à ouvrir une procédure de suivi ont été déposées à l’encontre de la Grèce en 1997, de la Lettonie en 1997, de l’Autriche en 2000, du Liechtenstein en 2003, du Royaume-Uni en 2006, de l’Italie en 2006 et de la Hongrie en 2011. Il faut à présent ajouter la France en 2013.

    En réponse à cette demande, la Commission de suivi devra désigner deux de ses membres comme co-rapporteurs en charge d’enquêter sur les faits en cause et d’élaborer un rapport écrit. La désignation des co-rapporteurs doit s’efforcer d’assurer un certain équilibre politique et régional.

    Leur rapport sera soumis à la Commission de suivi qui jugera alors de la nécessité de poursuivre la procédure jusqu’à une éventuelle sanction. A ce jour, la procédure de suivi a seulement été formellement engagée à l’égard de la Lettonie.

    Il résulte de l’activation de cette procédure à l’encontre de la France que des députés rapporteurs, tenus à la neutralité, l’impartialité, l’objectivité, et la discrétion, enquêteront sur les cas d’abus et de violences policières, ainsi que de restrictions à la liberté de manifestation dans le contexte des manifestations contre la loi « Mariage pour tous ».

    Cette procédure a été initiée alors que l’Assemblée Parlementaire du Conseil de l’Europe adoptait le 27 juin 2013 la résolution 1947 intitulée «Manifestations et menaces pour la liberté de réunion, la liberté des médias et la liberté d'expression», pointe notamment les «recours aux gaz lacrymogènes à l’encontre de manifestants pacifiques.» et le fait que «quatre personnes ont été blessées et plusieurs centaines ont été arrêtées».

    L’Assemblée a rappelé que «face à des manifestations, le rôle des forces de l’ordre est de protéger les droits des manifestants, leur liberté d’association et d’expression, tout en protégeant les autres». Elle invite par ailleurs les Etats à «garantir la liberté de réunion et de manifestation… et à mener des enquêtes concernant le recours excessif ou disproportionné à la force par des membres des forces de l’ordre, et en sanctionner les responsables ainsi qu’à renforcer les programmes de formation aux droits de l’homme à destination des membres des forces de l’ordre ainsi que des juges et des procureurs, en partenariat avec le Conseil de l’Europe ».

    Source : European Centre for Law and Justice

  • Une mise au secret étonnante en démocratie !

    prison, fleury-merogisLe député-maire d'Orange a diffusé le 25 juin le communiqué suivant : "Jacques Bompard s’est rendu cet après-midi à la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis. Il avait demandé à visiter la cellule de Nicolas Bernard Buss, détenu pour raisons politiques en raison de son opposition à la loi Taubira. La direction de la prison a refusé au motif que le dossier de Nicolas était « en cours d’instruction » et qu’il était « au secret ». Jacques Bompard s’étonne de cette réponse, alors même que Nicolas a été condamné mercredi dernier à quatre mois de prison dont deux mois fermes avec mandat de dépôt. Par ailleurs, Nicolas était détenu jusqu’alors dans le bâtiment D4 de la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis, bâtiment qui est très vétuste et insalubre. Il ne disposait ni de savon, ni de papier toilette, n’avait pas pu se doucher depuis le début de sa garde à vue il y a neuf jours et n’avait droit à aucune promenade alors que le Code de procédure pénale prévoit une promenade quotidienne d’une heure. Avant la visite du député, Nicolas a été transféré dans le bâtiment D3 qui est neuf et dans lequel chaque cellule dispose d’une douche. Les conditions de détention de Nicolas devraient donc s’améliorer et tel était le but de la visite."

    Il est à remarquer que tout député peut d'exiger le droit de visiter toute partie d'une prison. Il est pour le moins étonnant que le directeur d'établissement ait argué de la mise au "secret" d'un détenu condamné à deux mois de prison ferme pour lui refuser cet accès !

    Bien que je ne partage pas les choix politiques de M. Bompard, je m'étonne que Nicolas Bernard Buss -qui avait comme seule caractéristique de porter un tee-shirt clamant son opinion et de résister à une interpellation sans fondement- ait d'une part été condamné bien plus sévèrement que les casseurs qui ont sévis -ce qui fait de lui un véritable "condamné politique", qu'il ait, d'autre part, été mis "au secret" comme si on craignait qu'il parle et provoque des mouvements de solidarité... La démocratie serait-elle en danger en France ? On peut légitimement se poser la question....

    A noter que, selon le quotidien Le Dauphiné libéré, le député-maire de Crest Hervé Mariton (UMP) a l'intention d'aller rendre visite à Nicolas Bernard Buss pour le soutenir dans cette épreuve d'enfermement.

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