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détenus

  • Etre malade mental en prison peut signifier subir une triple peine

    Tous ceux qui connaissent le monde carcéral sont unanimes à penser que la majorité des personnes détenues sont en réalité des malades. Le dessin réalisé par une personne détenue pour le concours organisé par la Fraternité du Bon larron l'illustre bien.

    Cyrille Canetti, psychiatre en prison pendant 18 ans à Fresnes, Fleury Mérogis et la Santé, contrôleur au CGLPL et chargé d'une consultation pour sortants de prison, va plus loin que le rapport publié par Human Rights Watch qui dénonce les conditions de détention des personnes présentant des troubles psychiatriques en France. 
    Son message incite à ouvrir un vrai débat citoyen sur la mission de la prison... 

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  • Les prisonniers exclus des élections municipales

    Dans son article, Nicolas Guégan, journaliste du Point, relève que les prisons françaises détiennent un triste record : celui du taux d'abstention. Seuls 544 détenus ont voté lors des dernières élections municipales en mars 2008, soit moins de 1% de la population carcérale.

     

    Or, contrairement à ce que la majorité des Français pensent, depuis 1994, une condamnation n'entraîne plus automatiquement la perte des droits civiques. Sur plus de 50.000 prisonniers en droit de voter, seuls 1 609 en sont privés.

     

    Comme tous les électeurs, les détenus avaient jusqu'au 31 décembre pour s'inscrire sur les listes électorales. Mais voter en prison relève du chemin de croix tant les démarches sont "horriblement compliquées : le détenu doit d'abord réclamer sa carte d'identité au service des fouilles. Il s'inscrit ensuite dans sa commune de résidence ou dans celle de son établissement pénitentiaire", rapporte François Korber, délégué général des Robins des lois, association qui défend les prisonniers.

    Reste le plus difficile : trouver un proche qui accepte de glisser le bulletin dans l'urne le jour J. L’autre solution est encore plus difficile : l'autorisation de sortie. Lors du second tour de la présidentielle 2012, seuls 352 prisonniers en avaient bénéficié !

    Des prisonniers exclus de la société ?

     

    Selon Jean-François Forget, secrétaire général de l'Ufap-Unsa, premier syndicat de l'organisation pénitentiaire, la forte abstention s'explique "par la situation de désocialisation des prisonniers", et non pas par les difficultés que ces derniers peuvent rencontrer.

     

    prison, metz Queuleu, élections municipalesAinsi, à la prison de Metz-Queuleu, un clip a été réalisé en interne pour inciter les détenus à prendre part aux élections. "Ils se sentent exclus de la société alors qu'ils restent simplement privés de liberté et qu'ils vont retourner dans cette société", analyse Elizabeth Dileo, la directrice de la maison d'arrêt, au micro deFrance Bleu. Malgré cette campagne d'information aucun des 600 détenus n'a fait les démarches nécessaires pour voter les 23 et 30 mars.

     

    Des urnes dans les prisons

    Lassés par l'inefficacité de la situation actuelle, les Robins des lois militent pour la création de bureaux de vote dans les prisons à l'exemple de l'Australie où des isoloirs mobiles sont installés dans les centres pénitentiaires.

     

    L’association a déposé le 17 janvier 2014 un recours administratif préalable (Rap) auprès de Manuel Valls et de Christiane Taubira, au nom du principe d'égalité. Elle réclame une modification de l'article R40 du Code électoral. En arrivant dans un lieu de détention, le détenu serait automatiquement inscrit sur les listes électorales de la commune où se situe la prison.

     

    Source : Le Point, 17 mars 2014

  • Des évêques célèbrent la joie de Noël derrière les barreaux

    prison,noël,évêque,toulouse,orléans,poitiers,bourges,versailles,evry,créteil,soissons,metz,beauvais,détenus,gardiens,amônerie,baptême,liancourtSelon Anne-Bénédicte HOFFNER, journaliste de La Croix,les évêques de France sont nombreux à célébrer la messe de Noël en prison lorsqu’ils le peuvent et que les établissements pénitentiaires sont en mesure de l’organiser.

    Pour l’archevêque de Toulouse, ce rendez-vous est « un moment fort, à la fois très touchant et un peu douloureux ». Cette année encore, c’est avec les prisonniers condamnés à de longues peines du centre de détention de Muret (Haute-Garonne) que Mgr Robert Le Gall célébrera sa première messe de Noël, le 24 décembre à 17 heures, avec l’aide de la communauté des Béatitudes. Puis il rejoindra la cathédrale de Toulouse pour la messe de minuit. Et le lendemain matin, deux autres célébrations l’attendent : l’une pour les hommes, l’autre pour les femmes, de la maison d’arrêt de la ville.

    À Orléans, Poitiers, Bourges, Versailles, Évry, Créteil, Soissons ou Metz, nombreux sont les évêques de France à célébrer Noël en prison. L’occasion pour eux d’y redire que « notre vie n’est jamais à ce point détruite que le Seigneur ne puisse y naître et y grandir », rappelle Mgr Jacques Benoit-Gonnin, évêque de Beauvais. Le 25 décembre au petit matin, il se rendra dans l’immense et flambant neuf centre pénitentiaire de Liancourt (Oise). C’est dans une salle polyvalente que sera célébrée la messe : un petit autel et sans doute une crèche y auront été aménagés pour la circonstance.

    Faire le lien entre les détenus et le reste de la communauté chrétienne

    Pour les détenus, mais aussi pour les gardiens, cette venue n’est pas anodine, même si tous ne sont pas catholiques. « Les détenus me demandent de faire le lien avec le reste de la communauté. Aussi, je commence toujours la messe de Noël à la cathédrale par une mention de ce que j’ai vécu en prison », raconte Mgr Le Gall. Dans cette période de festivités et de retrouvailles, vécue souvent douloureusement, la présence de l’évêque est ressentie comme une marque d’attention.

    Au dire de l’équipe d’aumônerie, présente, elle, chaque semaine, l’assistance est un peu plus nombreuse ce jour-là : elle mêle catholiques, chrétiens d’autres confessions, mais aussi des musulmans. « Ils ne communient pas mais je trouve beau qu’ils partagent un peu de notre joie et de notre foi », avance Mgr Le Gall. À tous, Mgr Benoit-Gonnin vient redire que « Dieu est né dans le monde pour vous aussi ». « J’essaie de ne pas être dur, mais de parler en vérité, résume-t-il. Je leur dis qu’eux seuls savent la gravité de leurs actes, que je ne suis pas là pour en juger, mais que, malgré cela, Dieu les aime et ne les a pas oubliés. » 

    Une expérience chaque année toujours aussi forte

    Pour les évêques, l’expérience reste tout aussi forte, d’année en année. « Au début de la messe, l’un des fidèles lit toujours un petit mot, extrêmement touchant et délicat », rapporte Mgr Le Gall, qui a vécu « comme une révélation » ses premiers partages d’Évangile avec des détenus, lorsqu’il était à Mende. Il se souvient aussi, il y a deux ans, lorsqu’il est allé visiter dans leur cellule deux femmes accompagnées de leurs enfants. Ou encore de ce baptême qu’il a célébré le 8 décembre, entouré de toute l’équipe qui avait préparé le sacrement…

    Sa venue à Noël est donc aussi une manière de « saluer le travail » des nombreux aumôniers et visiteurs, souvent bénévoles, présents dans ces lieux « riches en rencontres », mais exigeants.« J’essaie souvent d’expliquer aux autorités que, dans le contexte chrétien, la visite au prisonnier exprime quelque chose du regard de Dieu sur l’être humain », résume l’évêque de Beauvais. « Bien sûr elle peut être utile à l’apaisement, à l’humanisation des relations entre détenus, avec les gardiens. Mais elle a un sens particulier aussi pour cela. »

    Source : La Croix

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