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  • Relayer des informations fausses vaut en Chine 3 ans de prison

    En Chine, faire circuler des rumeurs sur internet est un sport national auquel il manquait des règles. Pour y mettre un point d’arrêt, la Cour suprême populaire, la plus haute instance judiciaire du pays, a présentées le 9 septembre des règles on ne peu plus drastiques.

    Business Insider rapporte que, si une fausse information lancée sur internet est vue par plus de 5.000 internautes, ou retweettée plus de 500 fois, son auteur peut être poursuivi pour diffamation. Il encoure jusqu’à 3 ans de prison ou une privation de ses droits politiques, une peine équivalente à la diffusion de contenus à caractère pornographique.

    Les catégories passibles de sanctions pénales 

    Sont rangées aussi dans la catégorie à sanctionner, si l’information pousse la ou les personnes visées à se suicider, à s’automutiler ou nuisent à sa santé mentale, si elle déclenche une manifestation de masse, une crise sociale, un conflit interethnique ou interconfessionnel ou si elle nuit à l'image de l'Etat, aux intérêts nationaux et à l'image de la Chine à l'étranger.

    Ainsi, deux personnes ont été arrêtées en août, accusées de«fabriquer délibérément des rumeurs»en ligne et d’en«récolter illégalement des bénéfices». Depuis le début de l’année, la police de Shanghai instruit 380 cas de rumeurs sur Internet impliquant 170 suspects.

    Il faut dire qu’une véritable industrie souterraine s’est développée sur la blogosphère qui est une caisse de résonance embarrassante pour le régime. Les«black PR», les campagnes de relation presse officieuses, visent à améliorer sur Internet l’image d’une entreprise ou d’une personne sur internet tout en détruisant l’image et la réputation de ses concurrents, n’ont cessé de prendre de l’ampleur. Ces officines seront passibles de poursuites pour de telles actions lorsqu'elles donnent lieu à un paiement supérieur à 50.000 yuans (6.000 euros).

    La tentation du scoop, un piège pour les agences de presse 

    Ironie de l'histoire, sans prendre le temps de contrôler l’information, l’agence de presse officielle chinoise Xinhua a annoncé sur son site internet qu’Istanbul avait été désignée comme ville olympique pour les JO d’été de 2020 !  Les internautes se sont empressés de rediffuser l'information afin de dépasser le seuil des 500 "retweets", et mettre ainsi dans l'illégalité virtuelle l'agence Chine nouvelle.

    Quant aux informations concernant la corruption des fonctionnaires, elles feront l'objet d'un régime spécial : le porte-parole de la Cour suprême a insisté, lors de la présentation des nouvelles directives, sur le fait que "les internautes qui mettent en ligne des allégations de corruption de la part d'officiels ne seront pas tenus responsables si ces informations s'avèrent convenir des erreurs factuelles, dans la mesure où ils ne les ont pas fabriquées intentionnellement".

    La normalisation, une piste alternative ?

    Il est vrai que la Chine n’a pas l’exclusivité de la rumeur et de la désinformation instrumentalisée. C’est le cas, en particulier, du secteur de l’hôtellerie-restauration. Des agences spécialisées, installées dans des pays où elles sont à l’abri des poursuites, proposent leurs services pour poster des commentaires contre rémunération.

    En France, où des responsables politiques comme la Ministre de la Justice peuvent en être personnellement victimes d’un «hoax» ou d’un «glurge» , la normalisation a été préférée à la sanction pénale avec l’adoption en juillet d’un code de bonne conduite. Mais, compte tenu de l’importance des enjeux économiques et politiques, on peut douter que cette seule démarche volontaire attestée par le logo de l’AFNOR s’imposera.

    Même lorsque le mal est fait, le droit de réponse s’avère souvent bien insuffisant pour le réparer. De plus, le coupable est toujours très difficile à identifier. 

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