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laicité

  • Un diplôme universitaire pour les aumôniers de prison ?

    Le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, annonçait en juin l’obligation pour les aumôniers d’obtenir un diplôme universitaire (DU) de formation civique et civile. Pour le porte-parole de la Conférence des évêques de France, Mgr Olivier Ribadeau-Dumas, ce diplôme pourrait devenir une entrave au recrutement des aumôniers catholiques.

     

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  • Rencontre avec Marie-Leïla Coussa, journaliste de Radio Notre Dame

    Radio Notre-DameLors de ma rencontre avec Marie-Leïla Coussa, la journaliste à Radio Notre-Dame m’a incité à faire quelques commentaires sur le rapport d’activité du Contrôleur Général des Lieux de Privation de Liberté.

    Pour écouter l’interview, cliquer ici 

     Quelques commentaires

    Le Contrôleur Général des Lieux de Privation de Liberté (CGLPL) dirige un organisme qui dépend directement du 1er Ministre. Il est donc inacceptable que 20 de ses propositions faites les années précédentes n’aient même pas fait l’objet d’un accusé réception ! En effet, s’il en est ainsi à l’égard de propositions du Contrôleur Général, comment espérer une réelle écoute des propositions faites par les associations ?

    Lorsqu’on parle de détention, on pense instinctivement « prison ». Or, plus de la moitié des lieux de privation de liberté sont les cellules de garde à vue dans les commissariats et les gendarmerie ainsi que certaines chambres d'hôpitaux. Un aspect instructif du rapport : les conditions de transfert et les conditions de vie dans les chambres d’isolement des hôpitaux qui sont souvent inhumaines

    Le rapport décrit par ailleurs de façon pertinente les réactions coercitives de l’administration pénitentiaire à l’égard des détenus qui veulent faire valoir le respect de leurs droits légaux et règlementaires.

    La plupart des propositions du Contrôleur Général ne coûtent quasiment rien. L’une d’entre elles est exemplaire : "baisser de manière drastique les moyens de contrainte (menottes) pour les extractions hospitalières". Très concrètement, je pense à un ancien détenu (il est décédé le Jeudi saint 2013 des suites d’un cancer) ; il a été transféré entre l’hôpital de Gradignan et l’ile de Ré, menottes aux mains sur plus de 100 km quelques semaines avant son décès. Son entravement était-il nécessaire ? Pire, le procureur a attendu qu’il soit dans le coma pour venir à l’hôpital lui notifier qu’il est libre !

    Le Contrôleur Général revient en 2013 sur le principe de laïcité pour insister sur le nécessaire respect des prescriptions religieuses alimentaires en rappelant qu’il "ne revient pas à l’administration de définir ce qui est à proprement parler ce qui est cultuel et ce qui n’en relève pas". Il note que les détenus sont bien souvent privés d'objets à caractère religieux. Il note néanmoins que, s’ils doivent se concilier avec les nécessités du service public, notamment en termes de sécurité, de santé et de respect des droits d'autrui», les livres font partie des outils nécessaires à la pratique spirituelle. J’en viens à me demander si, pour certains responsables de l’administration pénitentiaire, l’agnosticisme serait la seule référence spirituelle compatible avec le principe de laïcité…

    N'en déplaise aux miltants anti-religieux, je pense que la prière communautaire est un outil spirituel qui aide efficacement les détenus à se reconstruire. D'ailleurs, l'aumonier catholique de la prison de Boma en République Démocratique du Congo n'hésite pas à inviter les détenus à faire preuve de solidarité en les incitant à prier non seulement pour eux-mêmes mais également pour les autres.

    Un enseignement de la rencontre nationale 2014 du Bon Larron


    Fraternité, Bon LarronLe thème de la rencontre nationale 2014 "Regard d'amour, chemin de libération" de la Fraternité des prisons « Le Bon Larron » fait écho aux réflexions entendues venant d’anciens détenus accueillis à Auffargis ou exprimées dans la correspondance entre détenus et membres de l’association.

    Sœur Bénédicte, qui rencontre des détenus au dépôt du Palais de justice de Paris, y a témoigné : «Nous portons ce que j’appelle : la grâce du regard. Ce n’est pas l’acte, ce n’est pas la prostituée, la droguée, l’infanticide, ou l’alcoolique… que nous rencontrons en prison ou en maison d’accueil, mais une personne voulue et aimée de Dieu, appelée comme le fils prodigue de la parabole, à retrouver sa dignité de fils et fille de Dieu… L'homme, à l'image de Dieu, ne peut vivre sans relation. Or le regard établit la relation entre deux êtres. Et ce regard s'il peut être destructeur, par exemple lorsqu'il juge, peut aussi, lorsqu'il est regard d'amour, être libérateur dans la mesure où il valorise celui que je regarde ; car il signifie alors que j'ai d'une certaine façon, besoin de lui ; l'amour est toujours une relation "bilatérale", dans une complémentarité ; c'est une interdépendance donc une valorisation réciproque».

    La qualité de relations humaines est le principal gage de la réinsertion et contre la récidive.

    Elle a conduit l'Assemblée Générale de la Fraternité du Bon Larron à voter deux motions qui ont été adressées à la Ministre de la Justice :

    -        préserver la séparation des missions de soin et de garde comme le prévoit la loi de 2009, sinon, les malades ne diront plus rien aux médecins

    -       faire en sorte que les travaux de rénovation ou de constructions nouvelles n'enferment pas les détenus dans une bulle technologique deshumanisante et qu'ils intègrent les moyens de transport en commun pour les proches et les bénévoles qui soutiennent les familles (rejoint l’une des recommandations du CGLPL en 2013 qui préconise de créer des établissements de taille humaine avec <200 places)

  • Le contrôleur général des prisons est nommé au Conseil consultatif national d’éthique

    Le Journal Officiel a publié ce 22 septembre la composition du Conseil Consultatif National d’Ethique (CCNE) qui a été renouvelé par le Président de la République pour 4 ans.

     

    Le Conseil d’éthique comprend 39 membres dont

    - 5 personnalités qui «appartiennent aux principales familles philosophiques et spirituelles».

     -19 personnalités pour «leurs compétences et leur intérêt pour les problèmes éthique».

     -5 personnalités du«secteur de la recherche»

     

    Jean-Marie Delarue, contrôleur général des lieux de privation de liberté,prison,CCNE,éthiqueParmi les membres, le Président de la République a nommé au titre de la seconde catégorie Jean-Marie Delarue, historien et juriste diplômé de l’ENA. Ce Conseiller d’Etat depuis 1997, père de cinq enfants, a fait partie des cabinets de Jacques Delors et Michel Delebarre. Il a ensuite été délégué interministériel à la ville et au développement social urbain avant d’être nommé en 2008 Contrôleur général des lieux de privation de liberté par le gouvernement Fillon.

     

    Jean-Marie Delarue connaît bien le CCNE puisqu’il en a été le secrétaire général en 1983-1984. Ses avis et ses rapports sur les conditions de vie en prison témoignent de son indépendance d’esprit.

     

    Par contre, il est curieux qu’il n’y ait plus aucune personnalité religieuse dans le Conseil National d’Ethique. Pourtant, ce sont des « experts en humanité », titre qu’a utilisé le pape Paul VI lors de son discours devant l’assemblée générale de l’ONU en 1965.
     

    Serait-ce le signe d’une vision étroite de la laïcité ??

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