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otage

  • 187 adolescentes en otage menacées d'être vendues comme esclaves

    Nigeria,otage,Boko Haram,lycéennes,adolescentes,esclavesLe 14 avril dernier, la secte nigériane Boko Haram a kidnappé 230 lycéennes de 16 à 18 ans à Damboa.

    Le journal nigérian Sunday Punch a publié le 4 mai l’interview de Sawok et Walse, 2 des 43 des adolescentes qui ont réussi à s’enfuir lors d’une panne sur la route.

    187 restent retenues en otage selon les chiffres de la directrice du lycée de Chibok, qui a effectué un recensement auprès des parents d'élèves.

    Le déroulement des faits

    « «Ils sont entrés dans notre école et nous ont fait croire qu’ils étaient des soldats», a rapporté Walse au Sunday Punch. «Ils portaient des uniformes militaires. Quand nous avons découvert la vérité, il était trop tard et nous ne pouvions plus faire grand-chose.»

    «Ils criaient, ils étaient grossiers, a ajouté sa camarade, c’est pourquoi nous avons compris que c’était des insurgés. Puis, ils se sont mis à tirer et ont mis le feu à notre école.»

    Les deux lycéennes racontent comment elles se sont enfuies : «J’avais beaucoup entendu parler de Boko Haram, des choses qu’ils ont fait et de toutes les personnes qu’ils ont tuées dans le pays. J’avais peur et j’étais désespérée. Je sentais qu’une fois arrivée dans leur camp je serais en danger et que j’avais intérêt à m’enfuir», explique Sawok.

    «Notre véhicule a eu un problème et ils ont dû s’arrêter. J’en ai profité avec quelques autres filles pour courir et nous cacher sous des buissons», ajoute Walse. «Je vais bien et je suis très solide physiquement, mon seul problème est que des amies à moi restent aux mains des terroristes.»

    Le 25 avril, l’armée nigériane a accroché le groupe de Boko Haram. Les combats ont fait 44 morts, quarante du côté des islamistes et quatre du côté des militaires selon des chiffres communiqués par le ministère de la Défense. Ces combats se sont déroulés entre Alagarmo et la forêt de Sambisa qui abrite un camp de combattants de Boko Haram, camp qui pourrait abriter les lycéennes kidnappées onze jours avant.

    Contacté par RFI, le membre d'un groupe d'autodéfense qui a patrouillé dans la forêt de Sambisa indique que les jeunes filles kidnappées auraient été transférées quelques jours auparavant par minibus vers le Cameroun afin d'échapper aux poursuites.

    Le 28 avril, un groupe de Boko Haram a attaqué Gamboru Ngala, ville proche de la frontière camerounaise.  Selon des habitants, les assaillants circulaient à bord de véhicules blindés et de vans peints aux couleurs des forces de sécurité et ont brûlé marché, bureau des douanes, commissariat de police et magasins. Gamboru Ngala, sénateur local, a évoqué mercredi le chiffre de 300 morts.

    Le recours à des milices privées, constituées de civils, contre les islamistes a poussé Boko Haram à se retourner contre les populations locales. «Boko Haram s'en prend à des villages tout entiers (...) massacrant parfois jusqu'à 200 à 300 villageois, hommes et femmes», pour se venger de la complicité des civils avec l'armée, explique le chercheur français Marc-Antoine Pérouse de Montclos.

    Le président du Nigeria Goodluck Jonathan est à nouveau critiqué pour l’incapacité des forces de sécurité à mettre hors de nuire la secte qui frappe aussi hors de son fief du Nord-Est. La secte a en effet revendiqué l'attentat qui a fait 75 morts dans la capitale Abuja fin avril.

    Ces faits tombent d’autant plus mal qu’ils éclipsent le «Forum économique pour l'Afrique», un «Davos africain» qui s'est ouvert le 7 mai à Abuja sous sécurité maximale, un sommet sur lequel le Nigeria comptait pour vanter ses progrès économiques.

    Le 15 mai, soit un mois après leur enlèvement, nous sommes toujours sans nouvelles des lycéennes kidnappées malgré la mobilisation des grands pays les plus développés (USA, UK, France, Chine...)

    Vers le retour au Moyen Âge ?

    Boko Haram, qui revendique la création d’un Etat islamique dans le nord du pays le plus peuplé d’Afrique, a déjà pris pour cible des écoles, des églises, des mosquées et des symboles de l’Etat et des forces de l’ordre depuis 2009.

    Mais cet enlèvement de masse, visant particulièrement des jeunes filles, n’a pas de précédent dans l’époque moderne. Il constitue l’attaque la plus choquante depuis l’existence de ce mouvement qui a déjà fait 1.500 morts en 4 mois cette année.

    Le nom "Boko Haram" signifie "L'éducation occidentale est un péché". La secte vise donc de manière privilégiée tous les symboles qui militent pour l’égalité d’éducation des femmes.

    Pire. le journal télévisé de France 2 a rapporté le 7 mai un message video de Abubakar Shekau, chef de la secte, qui menacerait : « Les jeunes filles seront vendues en esclavage ou mariées de force au prix de 10 euros chacune ! »

    nigeria,otage,boko haram,lycéennes,adolescentes,esclavesPas plus que le bloggeur sénégalais Momé Vent, je n'ai pas non plus la prétention d'analyser la situation au Nigéria, où je n’ai jamais séjourné. En revanche, c'est ce qu'elle nous remémore (l’esclavage) et notre propre faculté d'indignation et de mobilisation populaire qui m’interpellent.

    Certes la femme du président Obama s’est jointe aux manifestations pour réclamer la libération des lycéennes. Mais,, comme le relève Momé Vent, une pétition sur Facebook a été signée par près d’un million d’internautes pour soutenir 5 étudiants qui avaient promené un lama à Bordeaux... Avec lui, serait-ce possible d'en faire autant pour le rapt insupportable de quelques 187 mineures abandonnées aux mains de parfaits cinglés? Pour qu'elles soient libérées et retrouvent leur famille. Pour soutenir leur proviseur qui se démène pour qu'elles ne sombrent pas dans l'oubli et pour qu'à leur tour, un jour, elles puissent prendre la parole. En femmes libres.

    Faut-il rappeler que le 16 avril était la journée mondiale de lutte pour l’abolition de l’esclavage des enfants.. Certains responsables politiques français estiment qu’il faut cesser de se culpabiliser et ne plus commémorer l’abolition de l’esclavage par notre pays. 

    Les agissements de la secte nigériane montrent que ce crime contre la dignité humaine est toujours d’actualité. Il faut criminaliser toute personne, où qu'elle soit, qui se prête à ce commerce.

    Sources : Sunday Punch, RFI

  • La libération de Georges Vandenbeusch fruit de l’anti-panoptisme ?

    Le missionnaire Georges Vandenbeusch a été libéré le 31 décembre par ses kidnappeurs 45 jours après avoir été pris en otage au Nord Cameroun par un groupe nigérian de la secte Boko Haram. Il est rare qu’un otage soit libéré aussi rapidement. Certains le sont après plusieurs années. On peut donc s’interroger sur les raisons de cette rapide libération.

    Pour ma part, j'ai été interpellé par le témoignage de G. Vandenbeusch exprimé au journal télévisé de France 2 juste après sa libération : il n’était pas détenu dans une cachette ou dans un local fermé, mais dans une cellule à ciel ouvert et sans mur, sur une simple bâche de 4 m² étendue sous un arbre.

    Une cellule invisible déstabilise autant le détenu que les gardiens

    panoptisme,Panopticon,Michel Foucault,BenthamCe lieu de détention est l’antithèse du principe de la cellule idéale panoptique telle qu’elle a été imaginée par Bentham à la fin du XVIIIème siècle et détaillée dans son livre "Surveiller et punir, Naissance de la prison" par mon homonyme philosophe Michel Foucault : "le pouvoir du gardien doit être visible et invérifiable". Pour ce faire, la surveillance doit être permanente dans ses effets, même si elle est discontinue dans son action, le détenu étant lui-même le porteur de ce pouvoir en se sentant potentiellement sous un contrôle permanent. Bentham avait imaginé une architecture en anneau avec des effets de contre-jour permettant au surveillant de remplir sa mission tout en permettant au surveillant d’être absent sans que le détenu le sache. La technologie contemporaine permet d’assurer cette surveillance déshumanisée de tous les instants avec une architecture apparemment plus anodine, non seulement sur des détenus, des malades hospitalisés, des écoliers, mais aussi sur des groupes sociaux beaucoup plus larges.

    Dans le cas de la détention du P. Vandenbeusch, le gardien voit constamment l’otage et celui voit tous les faits et gestes de ses gardiens. Ne serait-ce pas le groupe des kidnappeurs qui s'est finalement senti déstabilisé par une cohabitation où tous les membres, en quelque sorte, se surveillent mutuellement, où le pouvoir se dilue dans des relations interconnectées continues ?

    On retrouve là l'interactivité du 2.0 qui déstabilise les élites sociopolitiques et la majorité des managers dépeinte par Laure Belot dans son article publié le 23 décembre…

    2.0 nous mène-t-il vers un trou noir sociétal ?

    En 1947, alors qu'Internet n'existait pas, le P. Teilhard de Chardin avait pressenti le développement de la pensée humaine avec le concept de la noosphère, les relations humaines devenant celles d'un village. Mais dans le village traditionnel, il y a un chef coutumier, chacun y joue un rôle.

    Dans le monde virtuel qui se construit, il n'y a plus de véritables leaders d'opinion. Ou du moins, l'émergence de ceux-ci est difficilement prévisible. De plus, leur notoriété est de plus en plus éphémère. Quant aux responsabilités lors de débordements néfastes pour la communauté, elles sont quasi-impossibles à établir.

    trou noirLa réalisation d’un projet impliquait jusqu'ici un espace et une durée. Les réseaux 2.0 semblent annihiler ces deux éléments fondamentaux depuis la création de l’univers. Nous entrainent-ils vers un « trou noir sociétal » ? Ils laissent la place à un nouveau monde où le cérébral désincarné prime sur tout, marginalisant l'intelligence du manuel, du réel, et où on ne laisse plus le temps au temps.

     

    Mais est-ce un modèle durable ? Permet-il le développement total de l'homme et de l'humanité ?

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