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  • Un pape visiteur de prisons et apôtre de la miséricorde

    Pour la seconde fois, le pape François a célébré la messe du Jeudi saint auprès de détenus. Il va ouvrir le 11 avril une année pour célébrer la Miséricorde divine.


    pape François,prison,miséricordeEn 2013, au tout début de son pontificat, il avait choisi de célébrer la Cène dans la prison pour mineurs de Casal del Marmo, en banlieue romaine, lavant les pieds de douze jeunes de différentes nationalités et confessions.
    Cette fois-ci, c’était au grand centre pénitentiaire de Rebibbia, dans l’est de Rome.

    Ce faisant, le pape François suit l’exemple de ses prédécesseurs tout en multipliant ses visites.

    En 1958, Jean XXIII s’était rendu à la prison centrale de Rome, Regina Coeli, où lui succéda Paul VI en 1964. Une autre prison romaine, Rebibbia, a reçu la visite de Benoît XVI en 2007 et 2011 et auparavant, en 1980 et 1983, de Jean-Paul II. Au cours de ses voyages en Italie et à travers le monde, le saint Jean-Paul II a visité à dix reprises diverses prisons.

    Le pape François accélère le rythme des visites en milieu carcéral. En un peu plus de deux ans de pontificat, celui qui veut aller dans les « périphéries existentielles » s’est rendu dans cinq prisons italiennes : le 21 juin 2014, lors d’une visite pastorale en Calabre ; le 5 juillet suivant, en Molise ; le 21 mars 2015 à Naples, pour un déjeuner, en présence notamment de transsexuels.

    Une autre visite est déjà prévue à Turin, le 21 juin prochain et le pape pourrait aussi visiter fin septembre un centre carcéral à Philadelphie (USA).

    Lorsqu’il était archevêque de Buenos Aires, Jorge Bergoglio a déjà célébré le Jeudi Saint en prison. Devenu pape, il reste en contact avec certains détenus qui lui écrivent et qu’il appelle le dimanche depuis Rome. « Quand j’ai fini, je pense : pourquoi lui est-il tombé et pas moi qui ai tant de raisons pour y être ? », confiait-il à des aumôniers de prison italiens en octobre 2013 : « Cela est pour moi un mystère qui me fait prier et me fait sentir proche des prisonniers. » 

    À la prison de Naples, il a fait valoir comment « un lieu de marginalisation, comme peut l’être la prison au sens négatif, peut devenir un lieu d’inclusion et de stimulation pour toute la société afin qu’elle soit plus juste, plus attentive aux personnes ». « Il montre ainsi comment la prison peut devenir lieu de miséricorde », souligne le journaliste italien Gianni Valente, mettant ces visites en perspective avec l’année jubilaire exceptionnelle de la Miséricorde que le pape François inaugurera le 11 avril.

    « Jésus nous aime tous, sans limite », lance François aux détenus


    Avant d’entrer dans la chapelle du pénitencier Rebbibia, le pape François, accompagné par le vicaire de Rome, le cardinal Agostino Vallini, et par l’aumônier de la prison, le père Sandro Spriano, a longuement salué les membres du personnel du centre de détention et les détenus. Beaucoup l’ont embrassé, visiblement émus de le rencontrer.


    Les prisonniers ont offert au Pape plusieurs cadeaux : un livre sur le Chemin de Croix, un crucifix, une icône en papier et un maillot flanqué d’un dessin représentant les barreaux d’une prison. Ils étaient ensuite 300 à assister à la messe in Coena Domini : 150 femmes, dont 15 mères avec leurs enfants, détenues dans la prison voisine, et 150 hommes. À l’extérieur de l’église se trouvaient plus de 300 autres prisonniers, le personnel pénitentiaire et administratif et des bénévoles, accompagnés des membres de leur famille. Des écrans géants avaient été installés à l’intérieur du pénitencier.

     

    Dans son homélie, François s’est concentré sur une phrase, « centrale » selon lui, de l'Évangile du jour : « Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout » (Jn 13, 1-15). « Jésus nous aime, mais sans limite, toujours, jusqu’à la fin, explique le pape. Son amour pour nous n’a pas de limites. Il ne se fatigue pas d’aimer. Il nous aime tous, au point de donner Sa vie pour chacun d’entre nous. Son amour est ainsi, il est personnel. Son amour ne déçoit jamais, car Il ne se fatigue pas d’aimer, comme Il ne se fatigue pas de pardonner, de nous embrasser. »

     

    pape François,prisonFrançois a expliqué ensuite ce geste « que les disciples ne comprenaient pas ». Laver les pieds, « c’était une habitude à cette époque, car quand les gens arrivaient dans une maison, elles avaient les pieds sales à cause de la poussière. Il n’y avait pas de pavés ! » plaisante-t-il.


    Il ajoute : « Ce n’était pas le maître de maison qui s’en chargeait, mais les esclaves. L’amour de Jésus est tel qu’il s’est fait esclave pour nous servir, pour nous guérir, pour nous nettoyer. » Un geste, précise le Saint-Père, que les disciples seraient amener à ne comprendre que plus tard.

    « Il faut avoir la certitude que quand le Seigneur nous lave les pieds, Il nous purifie, poursuit François. Il nous fait sentir une nouvelle fois Son amour. » Puis s’adressant aux douze détenus à qui il lavera ensuite les pieds, il explique s’adresser à toutes les personnes présentes. Ajoutant qu’il a, lui aussi, besoin d’être laver par le Seigneur. « C’est pour cela que vous priez pendant cette messe, pour que je devienne plus esclave que vous, plus esclave dans le service envers les personnes, comme l’a été Jésus ».

     

    François a, ensuite, lavé les pieds de six prisonnières – deux Nigérianes, une Congolaise, une Équatorienne et deux Italiennes – et de six prisonniers, dont un Brésilien et un Nigérian.

    Daniela de Robert, présidente de l’association des visiteurs de prison « VIC » (Volontari in carcere) de la Caritas de Rome, souligne au micro de Radio Vatican que « la demande de spiritualité est un aspect important de la vie en prison, où l'on a plus de temps pour penser, pour être avec soi-même, un temps vide qui souvent est rempli par la réflexion... souvent, même les détenus non chrétiens, d'autres religions, viennent à la messe comme un espace de prière et de partage ».

     

     

    « Ne pas juger, dans un monde où l'on est constamment jugé – durant le procès, quand on est en prison, quand on en sort et que l'on devient ex-détenu... – est un message qui réchauffe le cœur. C'est un message important aussi pour la communauté chrétienne qui ne pense pas toujours qu'aller rendre visite aux détenus est un peu comme rendre visite aux malades. »

  • Le pape François appelle à réinsérer réellement les prisonniers dans la société

    pape françois,prison,réinsertionEn visite le 21 juin à la prison de Castrovillari en Calabre (Italie), le pape François a appelé les institutions pénitentiaires à «un engagement concret en vue d'une réelle réinsertion des prisonniers dans la société» : sinon, l’exécution de la peine n'est qu'un «instrument de punition».

    Le pape a rejoint la prison à pied, en saluant le long du parcours les familles des gardiens. Dans la cour, le pape a ensuite rencontré les détenus, quelque 200 hommes et femmes, ainsi que les agents de la police pénitentiaire.

    Après le mot d’accueil de la part du directeur de la maison carcérale et d’un détenu, le pape François déclaré : «Le premier geste de ma visite pastorale est cette rencontre avec vous, dans la maison carcérale de Castrovillari. De cette manière, je voudrais exprimer la proximité du pape et de l’Église avec chacun des hommes et chacune des femmes qui se trouvent en prison, partout dans le monde. Jésus a dit : « J’étais en prison et vous m’avez visité » (Mt 25,36).

    Aller au-delà du respect des droits fondamentaux des détenus

    «Dans les réflexions sur les détenus, on souligne souvent le thème du respect des droits fondamentaux de l’homme et l’exigence de conditions d’expiation de la peine qui soient en accord avec ces droits. Cet aspect de la peine pénitentiaire est certainement essentiel et il faut toujours y accorder un niveau élevé d’attention. Mais cette perspective n’est pas encore suffisante, si elle n’est pas accompagnée et complétée par un engagement concret des institutions en vue d’une réinsertion effective dans la société.»

    « Quand cette finalité est négligée, l’exécution de la peine devient un instrument de seule punition et de rétorsion sociale, nuisible pour l’individu et pour la société», a-t-il mis en garde.

    La vraie réinsertion

    «..Une réinsertion véritable et totale de la personne ne se fait pas au terme d’un parcours uniquement humain. Participe aussi à ce chemin la rencontre avec Dieu, la capacité de nous laisser regarder par Dieu qui nous aime. Il est plus difficile de se laisser regarder par Dieu que de regarder Dieu. Il est plus difficile de se laisser rencontrer par Dieu que de rencontrer Dieu, parce qu’il y a toujours une résistance en nous. Et lui t’attend, il nous regarde, il nous cherche toujours. Ce Dieu qui nous aime, qui est capable de nous comprendre, capable de pardonner nos erreurs, a déclaré le pape François.

    «Le Seigneur est un maître de réinsertion : il prend [l'homme] par la main et [le] remet dans la communauté sociale. Il ne condamne jamais. Il pardonne toujours, il accompagne toujours, il comprend toujours». Mais il revient à l'homme «de se laisser comprendre, de se laisser pardonner, de se laisser accompagner» sans opposer de résistance.

    «Moi aussi je me trompe, moi aussi je dois faire pénitence », a souligné le pape, qui a fait observer qu'il était plus difficile "de se laisser regarder par Dieu que de regarder Dieu".

    Pour conclure, il a souhaité à chacun «que ce temps de détention ne soit pas perdu, mais qu'il puisse être un temps précieux» pour «devenir meilleur et rendre la communauté meilleure, car dans le bien et dans le mal, nos actions influent sur les autres et sur toute la famille humaine».

    Une pensée à la victime

    Le pape a également rencontré le père et les deux grand-mères du petit Nicola (Cocò) Campolongo, tué par le crime organisé en janvier. « Jamais plus de violence à l'encontre des enfants ! Que plus jamais un enfant ne vive cette souffrance ! Jamais plus de victime de la mafia N’Drangheta ! », s'est exclamé le pape, qui a assuré qu'il priait pour Cocò, invitant à « ne pas désespérer ».

    Source : Zenith

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