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  • La libération de Georges Vandenbeusch fruit de l’anti-panoptisme ?

    Le missionnaire Georges Vandenbeusch a été libéré le 31 décembre par ses kidnappeurs 45 jours après avoir été pris en otage au Nord Cameroun par un groupe nigérian de la secte Boko Haram. Il est rare qu’un otage soit libéré aussi rapidement. Certains le sont après plusieurs années. On peut donc s’interroger sur les raisons de cette rapide libération.

    Pour ma part, j'ai été interpellé par le témoignage de G. Vandenbeusch exprimé au journal télévisé de France 2 juste après sa libération : il n’était pas détenu dans une cachette ou dans un local fermé, mais dans une cellule à ciel ouvert et sans mur, sur une simple bâche de 4 m² étendue sous un arbre.

    Une cellule invisible déstabilise autant le détenu que les gardiens

    panoptisme,Panopticon,Michel Foucault,BenthamCe lieu de détention est l’antithèse du principe de la cellule idéale panoptique telle qu’elle a été imaginée par Bentham à la fin du XVIIIème siècle et détaillée dans son livre "Surveiller et punir, Naissance de la prison" par mon homonyme philosophe Michel Foucault : "le pouvoir du gardien doit être visible et invérifiable". Pour ce faire, la surveillance doit être permanente dans ses effets, même si elle est discontinue dans son action, le détenu étant lui-même le porteur de ce pouvoir en se sentant potentiellement sous un contrôle permanent. Bentham avait imaginé une architecture en anneau avec des effets de contre-jour permettant au surveillant de remplir sa mission tout en permettant au surveillant d’être absent sans que le détenu le sache. La technologie contemporaine permet d’assurer cette surveillance déshumanisée de tous les instants avec une architecture apparemment plus anodine, non seulement sur des détenus, des malades hospitalisés, des écoliers, mais aussi sur des groupes sociaux beaucoup plus larges.

    Dans le cas de la détention du P. Vandenbeusch, le gardien voit constamment l’otage et celui voit tous les faits et gestes de ses gardiens. Ne serait-ce pas le groupe des kidnappeurs qui s'est finalement senti déstabilisé par une cohabitation où tous les membres, en quelque sorte, se surveillent mutuellement, où le pouvoir se dilue dans des relations interconnectées continues ?

    On retrouve là l'interactivité du 2.0 qui déstabilise les élites sociopolitiques et la majorité des managers dépeinte par Laure Belot dans son article publié le 23 décembre…

    2.0 nous mène-t-il vers un trou noir sociétal ?

    En 1947, alors qu'Internet n'existait pas, le P. Teilhard de Chardin avait pressenti le développement de la pensée humaine avec le concept de la noosphère, les relations humaines devenant celles d'un village. Mais dans le village traditionnel, il y a un chef coutumier, chacun y joue un rôle.

    Dans le monde virtuel qui se construit, il n'y a plus de véritables leaders d'opinion. Ou du moins, l'émergence de ceux-ci est difficilement prévisible. De plus, leur notoriété est de plus en plus éphémère. Quant aux responsabilités lors de débordements néfastes pour la communauté, elles sont quasi-impossibles à établir.

    trou noirLa réalisation d’un projet impliquait jusqu'ici un espace et une durée. Les réseaux 2.0 semblent annihiler ces deux éléments fondamentaux depuis la création de l’univers. Nous entrainent-ils vers un « trou noir sociétal » ? Ils laissent la place à un nouveau monde où le cérébral désincarné prime sur tout, marginalisant l'intelligence du manuel, du réel, et où on ne laisse plus le temps au temps.

     

    Mais est-ce un modèle durable ? Permet-il le développement total de l'homme et de l'humanité ?

  • Un surveillant de prison à Châteaudun témoigne sur son travail

    Un rythme de travail particulier qui laisse peu de place à la vie familiale et sociale, tel est le quotidien des gardiens de prison à Châteaudun.

    administration pénitentiaire,badge,surveillantJean-François (*) a 44 ans, dont vingt ans de prison, en tant que surveillant. Il est arrivé au centre de détention de Châteaudun il y a quinze ans. Au fil des années, il a observé l'évolution de la population carcérale ainsi que celle de son métier.

    Ce travail, lorsqu'il l'a commencé, il n'y connaissait rien. De toute façon, ce n'est certainement pas une vocation. « Vous ne trouverez aucun surveillant qui vous dira qu'il fait ce métier par vocation », affirme-t-il lors de son déjeuner au mess. « Ce qui m'a attiré, c'est la sécurité de l'emploi et d'être dans la fonction publique. De toute façon, je me voyais mal bosser jusqu'à 60 "piges" dans une entreprise privée. Mais il y a de moins en moins d'attrait à faire ce boulot. »

    Ce que Jean-François voit aujourd'hui, c'est qu'il est difficile de concilier un travail de surveillant avec une vie familiale et sociale, même s'il est marié et père de deux enfants.

    « Lorsqu'on est du soir et qu'on finit vers 20 heures, on arrive pour coucher les enfants, c'est difficile. Quand notre femme travaille aussi, ce n'est pas facile. Il arrive très souvent que nous soyons rappelés sur nos jours de congés car il manque des surveillants. Dans ces cas-là, on fait comment pour prévenir la nounou ? »

    Travailler sept jours sur sept peut aussi être pesant. « Nous avons en moyenne, un week-end, c'est-à-dire un samedi et un dimanche d'affilée, toutes les huit ou neuf semaines, et encore… Le seul week-end dont on est à peu près sûr, c'est celui qui tombe pendant nos vacances. Dans ces conditions, difficile de prévoir d'aller à un mariage ou à un baptême. »

     

    Le rythme de travail change souvent mais en théorie, les gardiens enchaînent trois jours de travail le matin. Le troisième jour, ils font une nuit de 19 h 45 à 7 heures, puis bénéficient de deux jours de repos. Le matin, la journée commence par le réveil des détenus, vers 7 heures.

    « À force, cela crée des microfissures psychologiques »

    « Notre première mission, c'est de les compter. On ouvre chaque cellule pour voir s'ils sont présents et bien vivants. Ils répondent à notre bonjour ou ils bougent, mais dans la plupart des cas, ils dorment encore. » Puis, certains des détenus sont conduits à leurs activités, à l'atelier ou en promenade. Les repas sont servis vers 12 heures.

    Au fil du temps, le niveau de qualification des surveillants a évolué. Aujourd'hui, la plupart d'entre-eux sont bacheliers et titulaires d'un BTS, ce qui n'était pas forcément le cas avant. Ils ont cinquante jours de congés par an, une nécessité, pour absorber le stress de la profession.

    « Les insultes des détenus, c'est quotidien, voire plusieurs fois par jour. À force, cela crée des microfissures psychologiques. Malgré ces difficultés au quotidien, la solidarité qui existe entre les surveillants au sein de l'établissement, réchauffe les cœurs. »

    Source : L’Echo Républicain

     

    (*) Le prénom a été changé.

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